NEWS : Septembre 2008
ONU
QUNO,
EUROCHIPS
et BICE présentent un rapport
Le
Bureau des Quakers à Genève (QUNO),
rejoint par le réseau EUROCHIPS
et le Bureau International catholique pour
l’enfance (BICE),
a présenté un rapport sur les enfants de parents détenus ce mois-ci au Comité des Nations Unies des
droits de l’enfant et propose de dédier une Journée
de discussion générale à ce thème. Il y a
une prise de conscience accrue de l’existence de ce groupe
d’enfants dans le CRC des Nations Unies: la résolution
du Conseil des Nations Unies des droits de l’homme, adoptée
sans vote à la session de mars dernier a inclus pour la
première fois une mesure sur « les
enfants de personnes accusées d’avoir – ou
reconnues d’avoir – violé la loi pénale ».
Elle:
*« Attire
l’attention des Etats sur l’impact, pour les enfants de
la détention et de l’incarcération de leurs
parents, et en particulier:
a) donner comme priorité le
recours aux mesures alternatives à l’incarcération
au moment de la sentence, ou de la décision, prise avant le
jugement s’il s’agit du responsable unique ou principal
de l’enfant, et ceci afin de protéger le public et
l’enfant, tout en gardant à l’esprit la gravité
de l’offense;
b)
sur l’établissement et la promotion des bonnes pratiques
liées aux besoins et au développement physique,
émotionnel, social et psychique des bébés et des
enfants touchés par l’incarcération et la
détention de leurs parents ».
QUNO,
BICE et EUROCHIPS croient
fermement qu’une Journée de discussion générale
sur la question des enfants de parents détenus aurait un
impact important sur la compréhension, les connaissances
partagées et l’évaluation des droits de l’enfant
dans ce domaine, et pourrait améliorer la pratique des Etats.
Prison
Reform International et le Scottish
Commissioner for Children and Young People (Défenseur
des enfants en Ecosse) soutiennent également l’initiative.
Pour plus de renseignements: rbrett@quno.ch
FRANCE
EUROCHIPS
et REP lancent atelier de
peinture pour enfants de détenu
EUROCHIPS, en collaboration
avec le Relais
Enfants-Parents, a inauguré un atelier de
peinture pour enfants dans la prison de Villepinte près de
Paris – c’est le premier atelier de peinture lancé
en France. Les enfants attendant de voir leurs parents incarcérés
ont ainsi l’occasion de s’exercer à une activité
non verbale qui génère moins d’anxiété
que de s’exprimer par des mots, de participer à une
activité créative centrée sur l’enfant
dans une ambiance neutre, de penser à leurs pères
détenus et de préparer un cadeau pour eux, d’attendre
d’une manière constructive, d’apprendre à
travailler avec d’autres enfants (dans un espace limité),
et de s’amuser. Les dessins sont régulièrement
donnés aux pères détenus, ils sont accompagnés
d’une brève lettre expliquant qu’il s’agit
d’un cadeau de l’enfant, suggérant à chaque
parent d’en parler lors de la visite, et soulignant que l’œuvre
peut être choisie pour être exposée. Le parent
peut alors donner son avis pour autoriser l’utilisation de ce
travail. Les dessins sont alors exposés dans un local de la
prison, et sont montrés lors des visites spéciales
d’une journée lors des vacances et de la Fête des
pères. Pour plus de renseignements :
contact@eurochips.org
GRANDE-BRETAGNE
La
conférence d’Action
for Prisoners’ Families
et AGM: « Femmes au-delà
des barreaux »
Le
nombre de femmes incarcérées en Grande-Bretagne a
augmenté, passant de 1 500 à plus de
4 000 au cours
des dix années passées. Plus de la moitié de ces
femmes a un enfant de moins de seize ans. Action for Prisoners’
Families, membre d’EUROCHIPS,
organisera une conférence qui coïncidera
avec son Assemblée générale le 4 novembre
prochain, intitulée « Femmes
au-delà des barreaux ». Elle
aura lieu au Royal Horticultural Halls de Londres. La conférence
approfondira l’impact de la détention sur les membres de
la famille et elle sera suivie de la création théâtrale
de Mary Cooper intitulée « Missing
Out », jouée par la compagnie
Clean
Break. Parmi les participants, on
dénombre le Secrétaire d’Etat, et Parlementaire,
Maria Eagle, chargée des jeunes et de la justice criminelle.
Une série de laboratoires ayant les thèmes suivants
sera organisée :
-
les droits légaux des enfants, la transmission de messages au
contenu délicat aux enfants, la réinsertion des femmes
qui sortent de prison ainsi que le développement des campagnes
de communication. Pour plus d’informations, contacter
sophie@actionpf.org.uk
Action for Prisoners’
Families lance un nouveau site Web
Action for Prisoners’ Families
(APF) a lancé un nouveau site Web. En partant de la
constatation que l’ancien site commençait à être
démodé et avait des possibilités limitées
de progression, APF a cherché des fonds pour redonner un coup
de jeune à son site et lui donner un design plus dans l’air
du temps et tout en étendant les possibilités de
navigation.
Les
réactions ont été très positives.
Cependant, le site est encore « en
développement » et des
modifications, aussi bien dans les contenus que dans sa
fonctionnalité, continueront d’être apportées
tant que le site n’aura pas « fait
ses preuves ». L’un des
principaux changements voulu par APF est celui du développement
d’une zone des « membres »
leur permettant de s’enregistrer et rendant ainsi le contenu
plus proche de leurs besoins. APF espère ajouter quelques
nouvelles options comme un blog et des films dans la section « Family
Voices ». APF souhaite mettre en
valeur ses partenaires européens et vous invite donc à
visiter le site http://www.prisonersfamilies.org.uk
et de lui envoyer vos commentaires et vos retours. Toute organisation
souhaitant un lien sur le site peut écrire à:
Diana@actionpf.org.uk.
IRLANDE
Bedford Row:
Recherche sur les liens familiaux face à l’incarcération
Le Bedford
Row Project, dont le siège est à
Limerick, a lancé « Les voix des familles touchées
par la détention », un rapport réalisé
à partir d’une recherche faite par Kelleher Associates,
sur les besoins des familles suivant ce projet. Les objectifs
d’ensemble de la recherche sont que les familles
s’expriment sur le fait d’avoir un de leurs membres en
détention ; sur l’orientation que doit prendre le
Bedford Row pour son travail futur ; mais aussi sur l’évaluation
de l’impact des politiques statutaires, des dispositions et des
pratiques, en Irlande, sur les familles et leurs relations.
52 membres de familles
ont été interviewés, dont 11 ex-détenus,
et le personnel des organismes clé de la région de
Limerick et de sa prison. En ce qui concerne les enfants de parents
détenus, le rapport souligne le besoin d’orientation des
familles sur la façon de parler aux enfants de l’incarcération
d’un parent, le soutien à leur apporter, l’opportunité
des visites centrées sur l’enfant ainsi que la nécessité
de services comme l’aide psychologique autour du deuil d’un
parent détenu, la constitution de groupes d’entraide et
l’importance des activités de groupe (peinture, jeux,
etc.), la sensibilisation de groupes de professionnels, comme les
consultants et les enseignants ainsi que les effets de
l’incarcération. Le rapport mentionne des développements
progressifs au sein de la prison de Limerick pour encourager le
travail en commun de plusieurs organismes de différents
secteurs, il met également en évidence le besoin de
services pour les adolescents et les jeunes enfants, aussi bien que
la formation du personnel pénitentiaire. Le rapport comprend
en outre un compte rendu des documents clé sur la politique du
gouvernement et des lectures choisies. Pour obtenir une copie du
rapport ou plus d’informations : info@bedfordrow.ie
IRLANDE DU NORD
Austin Treacy
rejoint le réseau EUROCHIPS
EUROCHIPS
a le plaisir d’annoncer que le gouverneur adjoint Austin
Treacy, du centre pénitentiaire Maghaberry en Irlande du Nord,
est devenu membre du réseau européen. Austin Treacy a
été un participant actif dans le domaine, qui a proposé
plusieurs innovations et dont l’expérience d’intervenant
dans de nombreuses conférences et des laboratoires sur les
prisons, ont permis d’introduire des initiatives pionnières
dans son établissement pénitentiaire, comme des visites
centrées sur l’enfant, des visites à thème,
et des programmes de formation centrés sur la famille et
l’enfant. Il joue un role clé dans le développement
de la politique familiale à l’intérieur du
Service des prisons de l’Irlande du Nord.
ITALIE
Bambinisenzasbarre
lance « Senzasbarre »
L’association
milanaise Bambinisenzasbarre,
membre italien d’EUROCHIPS,
lance en octobre sa première Newsletter (janvier, avril, juin,
octobre). Intitulée « Senzasbarre »
(Sansbarreaux), elle veut informer, réfléchir et
approfondir. Cette première édition a 10 pages dédiées
aux enfants et parents, à la prison, à la communauté,
au territoire et au réseau européen. Elle annonce la
naissance de RELAIS ITALIA, créé pour partager les
pratiques, les méthodes et réflexions sur le territoire
national. Pour recevoir la lettre par e-mail :
bambinisenzasbarre@infinito.it
PAYS BAS
Papa Vaart devient
membre d’EUROCHIPS
Une association néerlandaise qui travaille
au service des enfants de détenu, Papa Vaart… et qui
fait partie de la fondation Slechts op Bezoek (SOB), est devenu
membre d’EUROCHIPS.
SOB, dont le siège est à Rotterdam, soutient les
familles, amis et proches de détenus depuis 1996 ; la
naissance de Papa Vaart assure un vrai travail axé autour de
l’enfant. Papa Vaart…, qui veut dire « Papa
fait du bateau » —un nom
qui rappelle comment la vérité concernant
la détention d’un parent est si souvent cachée
à l’enfant—a deux objectifs
principaux : sensibiliser à propos des besoins
spécifiques de ce groupe d’enfant ; et lancer des
projets de soutien. Pour plus d’informations :
papavaart@hotmail.com
Le gouvernement
néerlandais: davantage pour les enfants de détenu
Le gouvernement néerlandais a l’intention
de se préoccuper davantage des enfants de parents détenus.
Le secrétaire d’Etat
néerlandais Nabahat Albayrak prend des mesures pour maintenir
les liens familiaux entre les parents détenus et leurs enfants
mineurs, pour réduire le traumatisme. Les mesures suivantes
ont été programmées :
Lors de l’entrée
en prison, la réalisation d’enquêtes standard
auprès des personnes incarcérées afin de savoir
si elles ont la charge d’enfants. Les opérateurs des
services sociaux dans les prisons peuvent agir comme des médiateurs,
mettre en place un soutien et le cas échéant prendre
en charge les enfants.
Désigner des
fonctionnaires en contact avec les familles pour les démarches
avec toutes les institutions.
L’organisation d’un
minimum de 4 visites spéciales par an, dans les prisons,
entre les enfants et les parents, en plus des parloirs normaux et
tenant compte du calendrier scolaire et des vacances.
La formation du personnel
pénitentiaire pour veiller à la sécurité
et aux procédures qui doivent être perçues comme
« amicale » par l’enfant.
Une analyse menée par
l’Agence des institutions de correction (DJI) pour déterminer
si des ressources supplémentaires sont nécessaires
pour préparer les enfants aux visites en prison.
Des efforts pour rendre les
parloirs plus adaptés aux enfants.
Bien que ces mesures soient
liées à une étude faite sur les mères
détenues, qui a été réalisée par
l’Institut Verwey-Jonker pour Humanitas en 2007, le
gouvernement néerlandais a déclaré qu’elles
seront applicables à tous les parents détenus, dans un
effort pour garantir une opportunité aux pères de
rester en contact avec leurs enfants.
AUTOUR DU MONDE
CAMEROUN
Conférence:
« L’Enfant face à l’incarcération
d’un parent »
Le Relais
Enfants-Parents Cameroun (REPCAM) a organisé
une conférence de deux jours en juin autour du sujet
« L’enfant face son parent incarcéré ».
120 participants ont assisté à cette journée,
dont un représentant du Ministère de la Justice, le
directeur et des surveillants de la prison de Yaoundé. Une
partie de la conférence était axée sur la
formation au cour de la détention, notamment celle des
surveillants sur l’importance des liens familiaux. La
sensibilisation a fait aussi l’objet d’interventions,
pour essayer d’établir un « état des
lieux ». Alain Bouregba, directeur de la Fédération
des Relais Enfants-Parents et vice-président d’EUROCHIPS
est intervenu sur la « Nécessité du maintien
des liens familiaux pour prévenir l’apparition de
troubles chez l’enfant ». Il a aussi été
question de présenter des initiatives de soutien aux mères
enceintes détenues et de suivi médical assuré
par REPCAM. Lors d’une séance de questions-réponses,
on a évoqué le problème des mineurs au Cameroun
– 60 % des enfants de la rue sont des enfants de parents
détenus. On estime que le Centre socio-éducatif
bilingue pour les mineurs incarcérés et les enfants de
détenus de la prison centrale de Yaoundé –
redynamisé par le Relais Enfants-Parents Cameroun depuis le
mois de septembre 2007 – est une initiative de soutien très
efficace, avec ses cours d’alphabétisation, de calcul et
autres matières de formation de base. Les instituteurs, qui
sont souvent des détenus, sont encadrés par le Relais,
qui fournit également des cahiers pour les jeunes élèves.
Il y a plus de 150 jeunes élèves. Tous les mineurs ne
sont pas scolarisés ; leur participation aux cours est de
l’ordre de 60%. Cela s’explique, a-t-on évoqué,
par des problèmes de santé et des carences
alimentaires. La veille de la conférence, REPCAM avait
organisé à la Prison e Yaoundé une échange
entre l’administration pénitentiaire, le REPCAM, la
Fédération des Relais Enfants Parents et l’ONG
AGIRabcd de France. On a souligné l’importance du
travail sur le maintien des liens parentaux; le besoin d’un
travail interdisciplinaire; et l’importance de veiller sur les
besoins spécifiques des femmes enceintes incarcérées,
y compris sa prise en charge médicale et psychologique, et son
alimentation. On a également rappelé les dispositions
légales protectrices de la tenue, surtout article 27 du Code
Pénal en son alinéa 2 qui précise que « si
une femme condamnée à une peine privative de liberté
est enceinte ou vient d’accoucher, elle ne subit sa peine que 6
semaines après son accouchement ». Après la
conférence, dans le but de construire un parloir adapté
à la Prison de Yaoundé, le REPCAM avait organisé
une soirée de gala, avec la participation des artistes, des
humoristes et d’autres personnalités camerounaises. Il y
avait également un défilé de mode.
Pour plus
d’informations : clairemimboe@yahoo.fr
ETATS-UNIS
Hour Children élargit son
champs d’action
L’organisation
Hour Children (dont le siège est à New York), qui
soutient les mères et leurs enfants pendant la détention,
lors de la libération et du retour chez elles, a élargi
ses activités en travaillant avec les mères enceintes,
et les autres mères, dans la crèche de Rikers Island à
New York. Parmi les autres initiatives de Hour Children il y a un
programme à la crèche de Taconic Correctional Facility;
des services pour la famille et les femmes aux établissements
d’état; des logements de transition, tenus par un
personnel qualifié, pour les femmes libérées qui
rentrent à New York avec des enfants en bas âge ou qui
rejoignent leurs enfants, une maison indépendante et un
hébergement permanent pour des mères qui travaillent et
qui peuvent donc payer un loyer. Il y a aussi des formations
professionnelles et techniques. Il y a un centre de jour et une étude
après l’école, ainsi qu’une assistance pour
tous les membres de la famille. Hour Children a aussi un programme
qui suit les enfants de parents détenus, vivant avec des
membres de la famille ou des parents adoptifs ; depuis 1995,
moins de 6,5% des femmes sont retournées en prison. Pour plus
d’informations : www.hourchild.org
NEWS : Janvier 2008
EUROPE
Eurochips change de nom
Eurochips (
www.eurochips.org) n’est plus le Comité Européen, mais le Réseau Européen pour les Enfants de Parents Détenus. Cette décision reflète son évolution: le comité d’action et de recherche des débuts, qui explorait les initiatives européennes pour le maintien les liens familiaux, s’est mué en un réseau de soutien à part entière dont les ramifications internationales continuent de s’étendre.
ALLEMAGNE
Treffpunkt Nuremberg adhère à Eurochips
Le réseau Eurochips est heureux d’accueillir un nouveau membre, Treffpunkt Nuremberg e.V (
http://www.treffpunkt-nbg.de), une association fondée en 1991 pour le soutien des familles de détenus et basée en Bavière. Forte d’une équipe de 16 personnes, elle offre un service de conseil ainsi que la seule hotline allemande d’ampleur nationale pour les familles de détenus. 95% de la population carcérale bavaroise étant masculine, un groupe spécial pères-enfants a été créé en 2004. Il propose huit groupes de discussion en après-midi pour les pères et leurs enfants, quatre « après-midis de réflexion » pour les pères, des réunions avec les deux parents avant et après les groupes de parole et des sessions individuelles pour les mères. Les réunions s’organisent en deux parties. La première s’articule autour de thèmes éducatifs (« les sentiments », « le temps », « les disputes »). La seconde associe jeux et activités manuelles. Quelque 120 enfants ont participé à ce programme en 2006. Treffpunkt Nuremberg organise en outre des groupes de parole pour les conjoints et parents de détenus et pour les femmes dont le mari ou le petit ami a été libéré.
Réputé pour sa longue et fructueuse expérience, Treffpunkt Nuremberg e.V. travaille en étroite collaboration avec le Ministère de la Justice bavarois et participe à plusieurs groupes de travail régionaux et fédéraux. En plus de ses autres activités, l’association dirige un centre d’emploi pour les travaux d’utilité publique, un centre de coordination pour les mineurs condamnés à des travaux d’utilité publique, un service de médiation entre victimes et déliquants et une formation pour la réinsertion des déliquants juvéniles.
Dernièrement, Treffpunkt Nuremberg a obtenu un financement pour un projet pilote. Baptisé Tanke, il organise des activités récréatives pour des groupes de six à huit jeunes allant de 12 à 17 ans. Des sessions de formationhebdomadaires sont organisées en après-midi dans les locaux de l’association.
Pour d’autres informations, contacter Mme Brendle, bai@treffpunkt-nbg.de
FRANCE
Journées Nationales 2007 de la FREP
Les Journées Nationales de la Fédération des Relais Enfants Parents (FREP,
http://www.frep.fr/) 2007 ont été organisées à Auxerre, en Bourgogne. Ces rencontres, en novembre dernier, ont lieu tous les deux ans et regroupent tous les Relais Enfants Parents de France, de Belgique et le Service Treff-Punkt de Luxembourg pour des échanges sur leurs interventions en prison. Le temps était bien réparti entre exposés théoriques, échanges professionnels formels et informels et des offres pour connaître un peu mieux la région telles que la dégustation de vins, la visite superbe de Vézelay.
Tout au long de ces journées, l’enfant est au centre de toutes les interventions et de toutes les préoccupations. Il a été souligné qu’il est indispensable de connaître les fondements théoriques du lien pour pouvoir interroger les pratiques. Un exposé d’Alain Bouregba, suivi de l’intervention des docteurs Sautereau et Lapierre, avec des exemples pratiques, ont montré la complexité du travail dans ce domaine.
Il y avait également la présentation de la recherche en Belgique et le référentiel qui a été à cette occasion, réalisée par le Département de criminologie et de droit pénal(UCL) et L’Association pour une Fondation Travail-Université ASBL avec le soutien du Fonds Houtman (ONE,
http://www.one.be/houtman/) fut faite par Alain Bouregba. Madame Weissgerber qui devait venir nous en parler n’a pas pu le faire à cause des grèves. Les personnes intéressées par la recherche et le référentiel publié pourront se renseigner au Fonds Houtman.
Les échanges dans les différents groupes de travail ont été très fructueux.
Quelques points forts de ces journées :
- Alain Bouregba a donné l’information que le Conseil de l’Europe a fixé des règles pénitentiaires concernant l’accueil des familles dans le milieu carcéral. Cela pourra permettre d’ajuster les pratiques dans les pays européens. A côté de l’incidence extrêmement positive, il faut rester vigilant pour éviter d’instrumentaliser le lien à des fins pénitentiaires.
- Une demande pour créer un cadre déontologique pour le travail pour le maintien des liens familiaux.
Outre les principes éthiques sur lesquels se fondent nos interventions, la création d’un code de déontologie où des principes d’interventions et d’actions peuvent être retenues et auquel tous les Relais Enfants Parents pourraient se rallier semble indispensable.
- Dans le travail autour des liens familiaux, l’enfant est au centre des preoccupatieons, et des questions de bases doivent être posées en permanence :
Quelle est la demande réelle ? Quelles sont nos limites ? Jusqu’où intervenir ? Quand faut-il proposer une aide à l’enfant ?
Finalement, Marie-Jeanne Schmitt de l’association Treffpunkt au Luxembourg a présenté l’action d’Eurochips et les projets pour le futur, y compris la journée du 20 mars 2008 qui aura lieu au American University of Paris, à l’occasion du lancement de la version française du guide de bonnes pratiques, avec la participation de Marcel Rufo et une exposition d’œuvres d’art autour de la question de la prison et la famille.
ITALIE
Bambinisenzasbarre organise un séminaire d’étude: Parentalité et prison
Le 26 octobre 2007, l'association Bambinisenzasbarre (
http://www.bambinisenzasbarre.org/) membre d’Eurochips, a organisé à Milan un séminaire d'étude autour du sujet “Parentalité et prison”, en collaboration avec le CBM, Centre pour l'enfant maltraité et la cure de la crise familiale. Alain Bouregba, psychanalyste, vice-président du réseau européen Eurochips et président de la Fédération des Relais Enfants Parents, a été l'intervenant invité et a développé les thèmes suivants:
• La parentalité pendant la détention: la triade mère, père, enfant; séparation, rupture, éloignement ; l'enfant face au parent détenu
• Les troubles de la parentalité et les effets sur le développement de l'enfant
• Le rôle des opérateurs sociaux et autres: quel soutien possible à la relation enfant/parent détenu?
Le séminaire s'est adressé à tous ceux qui, à titres variés, s'occupent de mineurs dont l'un des parents est incarcéré. Les participants (70) étaient pour la plupart institutionnels: directeurs d'établissements pénitentiaires, fonctionnaires du Provveditorato de l'Administration pénitentiaire, assistants sociaux, éducateurs, psychologues et formateurs en provenance de beucoup de régions d'Italie. Le questionnaire proposé sur une évaluation de la journée a indiqué un fort intérêt et une demande d'organiser des rencontres semblables régulièrement (avec traduction simultanée).
Alain a attiré l'attention sur le point central de l'action en faveur des enfants de parents incarcérés: c'est un enjeu de santé publique dont il s'agit. La question de cette séparation nécessite une prise de conscience non faite à ce jour; elle reste accessoire et périphérique, même au Parlement Européen. Les pédopsychiatres, les psychologues, les opérateurs sociaux et autres ont le devoir d'alerter les autorités publiques. Cette prise de conscience nous amène à comprendre à quoi sert un parent, ce qui ne va pas de soi. Alain Bouregba a approfondi cette passionnante partie de son intervention tout le long de la matinée, aussi bien psychanalytiquement que, en quelque sorte, philosophiquement. Dans l'après midi, il a été reservé un temps pour la confrontation de cas significatifs et les questions du public.
NORVEGE
Nouveaux développements en Norvège
· Le « Médiateur des Enfants » a désormais ses groupes d’experts
Le « Médiateur des Enfants » (
http://www.barneombudet.no/english/> ) met en place des groupes le réflexion pour mieux connaître la situation des enfants dont le ou les parents ont été incarcérés ou expulsés de Norvège après leur emprisonnement. Ces groupes, que FFP, membre d’Eurochips, est en train de constituer, seront composés d’enfants et de jeunes adultes ayant vécu ce type d’expériences. L’organisation offrira à ces jeunes un soutien durant toute l’opération, qui vise à conseiller les autorités en vue d’améliorer la condition des enfants de détenus.
• Une nouvelle antenne pour FFP (organisation pour les parents et amis de prisonniers)
FFP (
http://www.ffp.no/) a ouvert une nouvelle antenne à Vestfold, dans le sud de la Norvège, et engagé une conseillère présente trois jours par semaine. Outre son rôle de conseil, elle offre un soutien et un lieu de rencontre aux familles et amis de détenus et dialogue avec toutes les prisons de la région (la Norvège comprend de nombreuses petits centres de détention). FFP envisage aussi d’organiser des activités pour les jeunes et les enfants. L’association possède également une antenne dans le Rogaland, dans le sud-ouest de la Norvège, et va ouvrir une troisieme à Trondheim en janvier 2008, dans le centre du pays.
• Un million pour les enfants de détenus
En juin, FFP a reçu 1 million de couronnes norvégiennes (130 000 €) du ministère de la Justice pour son action en faveur des enfants et adolescents ayant un proche en prison. Cette somme s’ajoute au financement préalablement reçu du ministère. Le centre de compétences met actuellement en place un site Internet pour la jeunesse et édite des publications d’information sur les enfants de prisonniers.
• De nouveaux droits pour les familles de détenus
L’emprisonnement d’un parent est généralement synonyme de difficultés financières pour sa famille. Depuis le 1er juillet 2007, le parent libre peut bénéficier d’une allocation de parent isolé dans le cadre de la loi sur les allocations familiales.FFP a œuvré pendant plusieurs années pour obtenir cette mesure essentielle et continue de faire campagne pour les droits des parents isolés dans le cadre de la loi sur l’assurance nationale.
• Une étude FFP sur la santé et la qualité de vie des parents et amis de détenus
En août, FFP a publié les résultats d’une étude sur la santé et la qualité de vie des parents et amis de prisonniers lors d’un grand colloque, organisé par son antenne du Rogaland, auquel assistait le ministre de la Justice norvégien Knut Storberget (
http://www.regjeringen.no/en/dep/jd.html?id=463). Selon ce sondage, 48% des parents et amis de détenus estimaient que leur état de santé s’était dégradé depuis l’incarcération de leur proche, et les problèmes de santé avaient augmenté pour 44% des enfants de détenus.
• Un rapport pour le Storting (parlement norvégien) sur l’administration pénitentiaire
Le ministère de la Justice norvégien rédige actuellement un rapport destiné au Storting (
http://www.stortinget.no/english/index.html sur l’administration pénitentiaire (
http://www.kriminalomsorgen.no/index.php?id=432819), rapport élaboré selon une procédure ouverte et démocratique, la population étant invitée à participer. FFP a été appelée à fournir articles et conférences aux groupes d’experts au sein du ministère. L’organisation a aussi mis sur pied une réunion entre un représentant du ministère et des amis et parents de détenus.
ROYAUME-UNI
APF lance l’Agenda for Action
Action for Prisoners’ Families (APF,
http://www.prisonersfamilies.org.uk/), membre d’Eurochips, s’est joint aux associations CLINKS (
http://www.clinks.org), Prison Advice & Care Trust ((
http://www.prisonadvice.org.uk/) et Prison Reform Trust (
http://www.prisonreformtrust.org.uk/) pour présenter leur « Agenda for Action » commun devant le parlement britannique. Affirmant que, au Royaume-Uni, la prison sépare annuellement plus d’enfants et de parents que le divorce (160.000 enfants seraient concernés cette année) et que les autorités britanniques ne remplissent pas leur devoir de protection envers ces jeunes, le groupement d’associations a demandé au gouvernement d’améliorer son soutien aux familles de détenus afin de réduire le nombre des récidives. Des études, y compris gouvernementales, montrent en effet une corrélation entre le maintien des liens familiaux et une réduction spectaculaire du taux de récidive. Les associations ont aussi insisté sur le fait qu’il n’existait aucun organisme de droit public qui soit officiellement chargé d’assister les enfants de prisonniers au Royaume-Uni et souligné la nécessité de:
· rassembler et systématiser la collecte d’informations fiables sur les enfants de détenus afin d’améliorer les décisions les concernant;
· fournir des services de soutien et des personnels qui s’occupe des familles dans toutes les prisons;
· s’assurer que chaque prison dispose d’un centre d’accueil extérieur pour les familles et les visiteurs des détenus ;
· améliorer radicalement le système de réservation des parloirs.
Le nombre annuel des enfant affectés par la détention d’un parent pourrait atteindre 200.000 d’ici cinq ans si les tendances actuelles se confirment, ont annoncé les associations, appelant à une action immédiate. « Les familles de détenus ont entre leurs mains la clé des baisses des récidives », a déclaré Lucy Gampell, directrice d’APF, qui a lancé l’Agenda for Action. “Mais, à moins que le gouvernement reconnaisse que ces familles ont besoin d’aide, de soutien et d’une meilleure organisation des visites pour maintenir des relations significatives avec les prisonniers, nous continuerons de manquer à nos devoirs envers elles et envers la société. » Une attention toute particulière doit être apportée au soutien des enfants de prisonniers pour préserver leur développement futur. « Les enfants de détenus sont les victimes cachées et innocentes du crime et sont beaucoup plus susceptibles que les autres jeunes de sombrer eux-mêmes dans la criminalité », a ainsi dit Andy Keen-Downs, directeur du Prison Advice & Care Trust, qui soulignait que l’Etat a une obligation envers la progéniture de ceux qu’il incarcère. « Notre campagne s’appuie sur le postulat que, lorsque l’Etat emprisonne un parent, il a le devoir de s’occuper de son enfant. » Pour telecharger l’agenda visitez le site
www.prisonersfamilies.org.uk, pour d’autres renseignements : info@actionpf.org.uk
Colloque 2008: “Familles stressées, enfants à risque”
Le colloque « Familles stressées, enfants à risque » se tiendra à Manchester le 17 avril 2008 à l’initiative de Partners of Prisoners and Families Support Group (POPS
http://www.partnersofprisoners.org.uk/) et Barnardo’s (
http://www.barnardos.org.uk/). Le Right Hon. David Hanson, membre du Parlement, Minister of State au ministère de la Justice, et Martin Narey, président de Barnardo’s, interviendront à cette occasion. Le colloque, qui durera une journée et comprendra une série d’ateliers sur la prison et les liens familiaux, entend mieux faire connaître l’impact de l’incarcération sur les enfants et les familles des détenus ; explorer les risques transgénérationnels découlant de l’emprisonnement d’un parent ; promouvoir les partenariats entre organisations ; partager des exemples de bonne pratique ; et lancer les guides publiés par POPS, Family Link Worker et Family Focused Visits Good Practice. Le colloque s’efforcera aussi de sensibiliser un plus grand nombre de services — santé, éducation, services d’aide aux enfants de détenus.
Pour d’autres renseignements:
www.partnersofprisoners.org.uk/events
A TRAVERS LE MONDE
CHINA
A en croire une estimation que l’Institut de la Prévention du Ministère de la Justice chinois a publiée le 4 juillet 2007, quelque 60.000 enfants chinois seraient concernés par l’incarcération d’un parent. Mais seuls 270 d’entre eux, âgés de 1 à 17 ans, ont trouvé un nouveau foyer dans l’un des deux « villages » de Xian et Beijing, des centres d’accueil destinés aux jeunes qui n’ont personne pour s’occuper d’eux pendant la détention de leurs parents. La fondatrice et directrice de ces établissements, Mme Zhang Zhujing, est un ancien officier de police. Elle a donc pu observer de l’intérieur le traumatisme subi par certains de ces enfants et a conscience que la recréation d’une atmosphère familiale est essentielle non seulement pour leur avenir, mais aussi pour le moral et la tranquillité d’esprit de leurs parents.
La mise en place de ces « villages » représente une mesure préventive importante. On aide ainsi les enfants à surmonter diverses difficultés —préjugés, stigmatisation, manque de moyens financiers —, tout en les préservant des dangers et des problèmes sociaux qu’ils risqueraient de rencontrer en vivant dans la rue. Ils étudient dans les écoles du voisinage, ont la possibilité de travailler dans les fermes biologiques des villages et d’assimiler des compétences de base. Les plus âgés (plus de 12 ans) s’occupent des plus jeunes — par exemple en faisant leur lessive ou en partageant leurs jeux —, et touchent une petite allocation de 50 yuans par mois (elle est de 20 yuans pour leurs cadets).
Les enfants peuvent voir leur parent incarcéré une heure par mois, parfois au prix d’un long voyage. Ainsi, la jeune Liu Jao (15 ans), dont la mère est décédée, doit faire 31 heures de route pour voir son père emprisonné au centre de détention de Mianyang, dans le Séchouan.
Les enfants quittent le village quand leur parent est libéré. Pour donner à ce dernier le temps de se réinstaller dans une vie normale, leur séjour peut dans certains cas se prolonger pendant une courte période. Les villages sont actuellement en pourparler avec l’organisation Hopital Magique (
http://www.magichospital.org) . Elle devrait les aider à mettre sur pied un service de conseil pour les enfants et à former des étudiants de l’université. Le nombre des détenus chinois en attente d’un procès n’est pas officiellement connu, mais on l’estime à 10.000. La population carcérale chinoise dans son ensemble compterait quelque 2.500.000 personnes.
Pour d’autres informations, contacter claudia.vogg@eurochips.org
Nouvelles publications
Le nouveau guide publié par Ormiston Children et Families Trust, Working with Children and Families of Prisoners (« travailler avec les enfants et familles de détenus »), cible les enseignants et les divers professionnels qui travaillent avec des enfants ayant un père, une mère ou un autre parent en prison. La première partie de l’ouvrage explore l’impact de l’emprisonnement sur ces familles et enfants et les défis pratiques et affectifs auxquels ils sont confrontés. La deuxième s’interroge sur le soutien à leur apporter dans le cadre éducatif. La troisième propose entre autres aux enseignants des idées pratiques en matière de politique scolaire, d’enseignement et de formation du personnel. La dernière partie forme un répertoire très complet des ressources et services de soutien. Ce livre sera distribué gratuitement dans un premier temps (emballage et envoi payants facturés lors de la commande). Pour commander par email: indiquer le nom et l’adresse de votre organisation et le nombre d’exemplaires voulus à: enquiries@ormiston.org. Par téléphone: +44 (0)1473 724517. Pour d’autres informations:
www.ormiston.org
· Appel aux articles sur la "participation" pour le journal Child Care in Practice
(
http://www.childcareinpractice.org
Les enfants et les jeunes sont une priorité pour la nouvelle Assemblée d’Irlande du Nord, et leur "participation" forme un thème à part entière dans la stratégie sur 10 ans de l’OFMDFM. Child Care in Practice compte mettre la participation à l'ordre du jour en publiant prochainement des articles sur ce sujet. Le journal s'intéresse plus particulièrement aux méthodes visant à soutenir les enfants et les jeunes dans leur réflexion sur les décisions qui les concernent.
Il cherche également des études de cas sur l’accès aux droits, le travail auprès des enfants démunis et des adolescents, et la façon dont le point de vue des jeunes oriente le développement des services et des politiques de haut niveau.
Les praticiens, lobbyistes, chercheurs et universitaires sont invités à soumettre leurs articles au journal. Les jeunes sont tout spécialement invités à faire connaître leurs opinions et leurs expériences en matière de participation par le biais de communications.
Voir le site
http://www.childcareinpractice.org/submit.htm pour tout renseignement complémentaire, ou contactez l'assistante rédactrice-en-chef Áine McGinnity au 44 (0) 28 90975912; courrier électronique childcareinpractice@qub.ac.uk
NEWS : Juin 2007
EUROPE
Audition sur « les femmes en prison » au Parlement européen
La Commission des droits de la femme et de l'égalité des genres du Parlement européen organise le 26 juin 2007,
à Bruxelles, une audition publique intitulée « Les femmes en prison ». Présidée par la députée européenne slovaque
Anna Zaborska, cette audition concernera pour l’essentiel un rapport d’initiative présenté par la députée européenne
grecque Marie Panayotopoulos-Cassiotou sous le titre « La situation particulière des femmes en prison et l’impact de
l’incarcération des parents sur la vie sociale et familiale ». Plusieurs experts interviendront à cette occasion.
Alain Bouregba de la
Fédération des Relais Enfants Parents et vice-président d’
EUROCHIPS
soulignera l’importance de la préservation des liens familiaux lors de l’incarcération
d’un parent et du rôle de ces liens dans la réhabilitation du parent détenu. Parmi les experts, citons également
Mme Mercedes Gallizo Llamas, Directrice générale des établissements pénitentiaires (Espagne), Mme Sonja Kurtén-Vartio,
Docteur en Sciences politiques à l’Åbo Akademi (Finlande) et Mme Gabriele Grote-Kux, des Services sénatoriaux de la
Justice de la ville de Berlin (Allemagne). Un débat et une session générale de questions-réponses auront lieu
dans le cadre de cet événement. L’audition publique est ouverte au public. Pour des raisons de sécurité, les
participants n’ayant pas de badge d’accès du Parlement européen doivent en faire la demande au préalable.
Veuillez contacter le secrétariat de la Commission des droits de la femme (Jérôme Soibinet) avant le 18 juin
prochain, à l’adresse suivante :
ip-femm@europarl.europa.eu
Vers une stratégie européenne sur les droits de l’enfant
Le 17 avril dernier, à Bruxelles, s’est tenue au Parlement européen une audition sur une stratégie européenne des
droits de l’enfant, afin de préparer la réponse du Parlement à la communication de la Commission intitulée
« Vers une stratégie européenne sur les droits de l’enfant ». Des représentants des institutions européennes,
des organisations internationales et des ONG ont échangé avec des députés européens. Il ressort de cette audition
que les responsables politiques de l’UE doivent considérer les enfants comme des individus à part entière, tenir
compte de leurs préoccupations et défendre leurs droits. On a également noté que c’est la violence, sous toutes
ses formes – y compris les brutalités, la maltraitance infantile et les abus sexuels – qui inquiète le plus les
enfants, aux dires des experts et des enfants eux-mêmes. Les enfants de détenu sont souvent victimes de brutalités
à l’école et au sein de leur propre famille. Jean-Marie Cavada, Président de la Commission des libertés civiles,
a souligné qu’il était impératif d’intégrer la prise en compte des besoins des enfants dans les politiques
européennes, de « faire le point sur les droits de l’enfant dans l’Union européenne et de prendre systématiquement
ces droits en considération dans nos politiques, nos stratégies et nos programmes ». Mme Santos Pais, Directrice
du Centre de recherche Innocenti de l’UNICEF, a salué cette nouvelle étape vers l’élaboration d’une stratégie
européenne : « La question des enfants peut désormais être systématiquement traitée de façon distincte dans
les budgets, les politiques, les lois et les programmes de l’Union européenne », a-t-elle déclaré. Franco
Frattini, Vice-président de la Commission, a reconnu que l’UE devait se doter d’une « stratégie globale »
afin de traiter l’ensemble des problèmes liés aux enfants. Le premier Forum européen sur les droits de l’enfant,
co-organisé par la Commission et la Présidence du Conseil, a eu lieu à Berlin le 4 juin.
Pour consulter le rapport du Parlement :
http://www.europarl.europa.eu/news
BELGIQUE
« Un parent en prison…des enfants le vivent »
Le
Fonds Houtman (Office de la Naissance et de l’Enfance, ou
O.N.E.
organise le 5 octobre 2007, à Liège, une conférence sur le thème « Un parent en prison… des enfants le vivent », en
collaboration avec la Croix-Rouge de Belgique. Les principaux intervenants seront les Français André Comte-Sponville,
philosophe, et Alain Bouregba, Directeur de la
Fédération des Relais Enfants-Parents et
vice-président d’
EUROCHIPS, Catherine Fonck, ministre de l’Enfance, de l’Aide à la
Jeunesse et de la Santé de la Communauté française de Belgique, Georges Bovy, président de l’O.N.E., ainsi que
Claudia Camut, Présidente du Fonds Houtman.
La session du matin, présidée par Benoît Van der Meerschen, Président de la Ligue des Droits de l’Homme, tournera
autour des relations avec l'enfant et la famille, et un documentaire de Bernard Bellefroid intitulé « Pourquoi on
ne peut pas se voir dehors quand il fait beau ? » sera projeté. L’après-midi, diverses tables rondes seront consacrées
aux initiatives d’aide aux enfants et aux parents incarcérés, et à ce qui peut être fait pour mieux répondre à leurs
besoins, l'accent étant mis sur le rôle de ceux qui travaillent dans ce domaine et sur la responsabilité des différentes
institutions concernées. Participeront à cette conférence des représentants du ministère de la Jeunesse, de
l’administration pénitentiaire et des services sociaux, de plusieurs ONG et de la Croix-Rouge, ainsi que des
magistrats et des spécialistes des droits de l’enfant. Un documentaire de Sébastien Verkindere, « Car tu porteras
mon nom. Le soutien des professionnels aux enfants de parents détenus » sera également présenté. Cet événement est
organisé avec le soutien du SPF Justice, de la Direction Générale Etablissements Pénitentiaires et de la Direction
Générale de l’Aide à la Jeunesse. En français uniquement. Inscription souhaitée avant le 30 juin 2007. Pour plus de
précisions, veuillez contacter :
houtman@skynet.be
PAYS-BAS
Lancement du programme de soutien à la parentalité
La prison pour femmes de Ter Peel, située à Evertsoord (Pays-Bas), lance une initiative de soutien à la parentalité en
collaboration avec l’Université d’Utrecht, afin d’aider les détenues à élever leurs enfants. A long terme, l’objectif
recherché par Ter Peel en mettant en œuvre ce projet pilote d’envergure nationale, baptisé « Better Start » (pour un
meilleur départ), est d’éviter les schémas transgénérationnels de comportement criminel. Des études ont montré que
les enfants de criminels risquent davantage d’être en opposition avec la loi et ont davantage besoin d’être soutenus
que ceux dont les parents n’ont pas d'antécédents judiciaires. Le ministère néerlandais de la Justice s’efforce de
briser ce schéma. La prison pour femmes de Ter Peel est le premier établissement pénitentiaire des Pays-Bas qui soit
porteur d’un tel projet. « La plupart des femmes qui y sont incarcérées sont très heureuses d’être mère, mais bien
souvent, elles ne savent pas comment faire, » note Myriam Nourredine, coordinatrice de Better Start à la prison de
Ter Peel.
Les détenues qui participent à ce projet reçoivent une formation de trois mois, à base d’images vidéo leur montrant
comment améliorer leurs pratiques éducatives. Ces améliorations portent souvent sur des points très simples,
« comme le fait de ne pas crier, ou de manger ensemble à la même table et non devant la télévision ».
ROYAUME-UNI
Appel aux administrations publiques
En réponse au rapport « Pauvreté et désavantage au sein des familles de prisonniers » publié le mois dernier par le Centre
for Crime and Justice Studies (http://www.kcl.ac.uk/ccjs et la Fondation Joseph Rowntree, (http://www.jrf.org.uk des
institutions caritatives britanniques en appellent aux administrations publiques pour qu’elles collaborent afin
d’apporter une réponse à la situation critique des enfants qu’ils jugent délaissés par l’Etat et dont le nombre
est estimé à 150 000 par an. Ce rapport a mis en exergue la pauvreté, l’exclusion, la perte d’un parent et la honte
vécues par l’enfant, soulignant l’insuffisance des fonds alloués aux organismes de soutien bénévoles et de proximité,
ainsi que l'absence de filet de protection juridique. Cet appel est lancé à l'initiative d’un membre d’
EUROCHIPS,
Action for Prisoners’ Families
(Action en faveur des familles de détenus),
en collaboration avec le
Prison Advice and Care Trust,
le
Prisoners’ Families and Friends Service
et l’
Ormiston Children and Families Trust.
« Enfin un rapport qui reconnaît le coût réel de l’incarcération »,
a observé Sarah Salmon d’Action for Prisoners’ Families. Ces chiffres prouvent que l’explosion de
la population carcérale charrie son lot de drames sociaux. La quasi-totalité des peines de prison
cachent un parcours fait de foyer brisé, de pauvreté et de problèmes de santé. Des innocents – membres
de la famille ou enfants du détenu – sont trop souvent livrés à leur sort sans soutien approprié. Pour
traiter sérieusement la question de l’exclusion sociale, les pouvoirs publics doivent prendre conscience
que les répercussions d’une peine de prison se font sentir bien au-delà des portes de la prison.
Le rapport est disponible dans son intégralité aux adresses suivantes :
www.jrf.org.uk
ou
www.kcl.ac.uk/ccjs
SUISSE
« Parentalité et Détention : Aspects Pratiques »
Le 19 avril 2007 a eu lieu à Genève la deuxième journée de réflexion sur le thème :
« Parentalité & Détention : Aspects Pratiques », organisée par
Carrefour Prison
, association indépendante née en 1970 pour offrir
un soutien psychologique et un accompagnement dans les démarches sociales aux proches
de détenus et aux personnes sortant de prison. En 2004, un « Chalet » a été créé, à 150 m.
de l’entrée de la prison préventive de Champ Dollon, à Genève, lieu d’accueil, d’écoute et
d’information destiné en toute confidentialité aux familles et proches se rendant aux parloirs
de la prison. Le but de cette journée a été de mettre en lien les différents professionnels
(assistantes sociales, psychologues, directeurs de prison, personnel pénitentiaire, juges,
éducateurs, députés, animateurs, moniteurs, etc.) autour de la problématique des enfants de
détenus. Un article sur ce thème a déjà été publié dans la Revue Suisse de Criminologie de
septembre 2006 suite à la première journée de réflexion sur ce même thème. Un deuxième article
sera prochainement publié dans le prochain numéro de la
Revue Suisse de Criminologie à l’automne
.
Après une introduction par Emmanuelle Granzotti, psychologue et spécialiste en psychologie légale de
Carrefour Prison,
Annetta Bennett, Directrice du secteur Formation et
développement de KIDS-VIP, a parlé longuement de la naissance, en Grande Bretagne, de KIDS-VIP,
depuis le milieu des années 80 à ce jour, et de ses nouveaux défis ainsi que de son extension.
Parmi les questions posées le plus souvent par les familles : Pouvez-vous aider/améliorer les
conditions de visites en prison ? Pouvez-vous aider à contacter d’autres organisations d’aide
aux détenus ? La vérité doit-elle être dite aux enfants ?
Monsieur Nicolas Grin, responsable du secteur de la détention avant le jugement de la
Fondation Vaudoise de Probation (), créée en 1895 pour répondre aux besoins des personnes majeures touchées
par la justice pénale, a présenté longuement, avec beaucoup d’humanité et d’entrain, les difficultés de son
travail, et les gratifications. Il a aussi mis l’accent sur la vérité dite aux enfants de détenus. Aujourd’hui,
la mission de FVP (43 collaborateurs à plein temps et temps partiel) est construite sur deux axes : la
responsabilisation et l’autonomisation.
Enfin, Marie-France Blanco, Présidente fondatrice du
Relais Enfants-Parents d’Ile de France ,
a rappelé des temps assez proches où il n’existait pas d’aide aux familles de personnes détenues, et surtout mis
l’accent, d’une façon passionnée, sur l’importance de mettre l’enfant au centre de toute pensée ou activité
concernant la détention des parents.
PERSPECTIVES DE FINANCEMENT EUROPEEN
Apprentissage mutuel sur l’inclusion et la protection sociale
Un nouvel appel à propositions a été publié dans le cadre du programme PROGRESS, afin de soutenir
l’organisation d’échanges sur les politiques, les bonnes pratiques et les approches innovantes, et
de promouvoir l’apprentissage mutuel concernant la stratégie de protection et d’inclusion sociales parmi les pays d’Europe et de l’EEE/AELE. Ce programme portera notamment sur des questions essentielles comme la promotion de l’intégration des groupes vulnérables, dont les personnes handicapées, celles vivant ou ayant vécu en institution, les sans domicile fixe, les immigrants et les minorités ethniques, y compris les Roms, les Tsiganes et les gens du voyage, et d’autres catégories confrontées à des conditions extrêmes de pauvreté et d’exclusion. Le montant global de l’enveloppe disponible est de l’ordre de 5,6 millions d’euros.
Le cofinancement devrait varier entre 500 000 et 700 000 euros par projet ; l’aide financière de la
Communauté n’excédera pas 80 % du total des coûts admissibles de chaque projet.
Date de clôture : 13 juillet 2007. Pour plus de renseignements :
http://ec.europa.eu/employment_social/calls/2007/vp_2007_012/call_fr.pdf
Tous les membres d’EUROCHIPS souhaitant obtenir des informations et des précisions supplémentaires peuvent
bénéficier des conseils de Marco Bergometti, consultant en financement de l’UE. Courriel :
contact@eurochips.org
PUBLICATIONS RECENTES
- Figli di genitori detenuti: quali buone pratiche per sostenere la relazione, publié par Bambinisenzasbarre, Milan.
Exemplaire disponible sur simple demande à :
info@bambinisenzasbarre.org
- Staying Close : brochures à l’intention des détenus publiées par Action for Prisoners’ Families afin d’aider
les délinquants, hommes et femmes, à préserver leurs liens familiaux. Ces brochures contiennent des informations
pratiques pour les aider à garder le contact et mettent l’accent sur les conséquences potentielles, pour sa famille,
de la peine prononcée à l’encontre du détenu. Action for Prisoners’ Families. Exemplaire disponible sur simple
demande à l'adresse suivante :
www.prisonersfamilies.org.uk
- Crime in Adult Offspring of Prisoners: A Cross-National Comparison of Two Longitudinal Samples, Murray, Joseph ;
Janson, Carl-Gunnar ; Farrington, David P., dans CRIMINAL JUSTICE AND BEHAVIOR, Vol. 34, N°1, janvier 2007, pp. 133-149.
NEWS : Décembre 2006
EUROPE
Visiting in Prisons — les visites en prison
Un projet européen triennal intitulé V.I.P. (Visiting in Prisons – les visites en prison), s’inscrivant dans le cadre de l’action Grundtvig du programme de la Commission européenne relatif à l’éducation et à la formation des adultes tout au long de la vie, associe désormais des partenaires du Portugal, d’Espagne, d’Italie, de Finlande, du Danemark, de Pologne, d’Allemagne et les établissements pénitentiaires britanniques de HMP Winchester et The Wolds. Ce projet vise à traiter la question du lien délinquant-enfant en améliorant les conditions dans lesquelles s’effectuent les visites en prison et en aidant le délinquant à mieux comprendre les besoins de l’enfant. Il est également destiné à encourager les autorités pénitentiaires à mieux appréhender l’importance de la préservation du lien familial. Pour atteindre ces objectifs, les pays doivent mettre en commun leurs expériences et il convient d’inciter le parent incarcéré à participer à l’éducation de son enfant et d’associer les délinquants et leurs enfants à l’écriture d’ouvrages destinés à être traduits pour être utilisés dans les pays partenaires. Les participants au projet espèrent que cette initiative permettra aux enfants et aux familles de détenus de se faire entendre. Lancé en août 2006, ce projet a vu le jour à la faveur d’une réunion européenne de spécialistes de l’éducation en prison, organisée par le British Council à Lancaster. Pour plus de renseignements :
janet.theodore@hmps.gsi.gov.uk
PAYS-BAS
Action pour les enfants de parents détenus
A compter du 1er janvier 2007, la fondation
Slechts op Bezoek de Rotterdam va consacrer l’essentiel de ses efforts aux enfants de parents détenus. Depuis sa création en 1996, Slechts op Bezoek propose un soutien aux proches des délinquants, et notamment à leurs famille et amis. Jusqu’à présent, les enfants ont rarement été au cœur des initiatives de la fondation, principalement soucieuse de conseiller le parent non incarcéré. Le nouveau projet, connu sous le nom de Koers (« direction »), poursuit deux grands objectifs : sensibiliser l’opinion aux difficultés spécifiques auxquelles ce groupe d’enfants délaissés est confronté et mettre sur pied des projets apportant une réelle assistance, comme un site Internet et un centre ouvert aux enfants, leur permettant d’obtenir des informations et de rencontrer d’autres enfants dans la même situation.
ROYAUME-UNI
«Chaque enfant compte-t-il vraiment ?»
En 2004, le
Children Act (loi sur les droits de l’enfant) créait le programme de réforme du gouvernement britannique « Every Child Matters » (chaque enfant compte). A l’occasion d’une conférence organisée à Londres, en octobre, par
Action for Prisoners’ Families (Action pour les Familles de Détenus), la question a été posée de savoir si ce programme permet réellement de répondre aux besoins des enfants qui souffrent de l’incarcération d’un membre de leur famille. Les participants se sont également intéressés aux mesures qui pourraient être prises afin d’aider ce groupe d’enfants vulnérables. Parmi les principaux intervenants citons Kathleen Marshall,
commissaire écossaise en charge des enfants et des jeunes, et Maria Miller, députée britannique, porte-parole de l’opposition sur l’éducation et la famille. La table ronde de l’après-midi a eu lieu en présence de Martin Narey, directeur de Barnardo’s et ancien directeur général de l’administration pénitentiaire britannique, de la journaliste Mary Riddell et de Guinevere Tufnell, consultante de renom spécialisée dans la psychologie de l’enfant et de l’adolescent. Mme Tufnell a mis l’accent sur le manque de traitements psychologiques disponibles pour les enfants confrontés à l’incarcération d’un parent. Elle a cité l’exemple de trois jeunes enfants ayant assisté au meurtre de leur mère par leur père, et pour lesquels elle avait recommandé un suivi psychologique, qui n’a pas été mis en place.
L’après-midi, la présidence était assurée par le Dr. Andrew Coyle, directeur du
Centre international d'études pénitentiaires et ancien directeur de prison. D’une manière générale, les constats formulés lors de cette conférence animée et passionnante portent sur l’absence de financement à court terme de projets par les pouvoirs publics, l’aide apportée aux familles de détenus restant donc souvent temporaire, ainsi que sur le manque de vision à long terme, de pérennité et de mobilisation des autorités en faveur de la fourniture de services de première qualité. Une jeune délinquante représentant la
Clean Break Theatre Company a livré un témoignage encourageant sur sa détention et sa séparation d’avec ses enfants. Cette compagnie récente, spécialisée dans le théâtre, l’éducation et l’écriture, travaille avec des femmes qui ont été prises dans les mailles du système judiciaire.
PERSPECTIVES DE FINANCEMENT EUROPEEN
Europe pour les Citoyens : Soutien structurel aux organismes de recherche sur les politiques publiques européennes et aux organisations de la société civile au niveau européen
Bien que la proposition relative au programme « Europe pour les Citoyens » n’ait pas encore été formellement adoptée par le législateur européen, la Commission publie cet appel à proposition pour permettre une mise en œuvre rapide du programme et donner aux bénéficiaires potentiels la possibilité de préparer des propositions. Les candidats doivent axer leur programme de travail sur l’un des thèmes suivants au moins :
· Égalité des chances pour tous (Année européenne 2007) : sensibiliser la population à l’égalité des chances, encourager la communication, l’information et l’échange de bonnes pratiques et de politiques en faveur de l’égalité des chances pour les personnes originaires de milieux défavorisés sur le plan culturel, géographique ou socioéconomique.
· Dialogue interculturel : promouvoir la diversité culturelle et la tolérance et encourager une résolution non violente des conflits en instaurant un dialogue et en organisant des activités communes entre des personnes aux origines culturelles, ethniques et religieuses multiples ; mettre en valeur et échanger les expériences et les bonnes pratiques illustrant la possibilité, la pertinence et l’efficacité du dialogue interculturel.
Les candidatures doivent être envoyées à l’agence exécutive
au plus tard le 22 décembre 2006.
Le Guide du programme est disponible à :
http://eacea.ec.europa.eu/static/en/citizenship/call1206/index.htm
Tous les membres d’EUROCHIPS souhaitant obtenir des informations et des précisions supplémentaires peuvent bénéficier des conseils de Marco Bergometti, consultant en financement de l’UE. Courriel :
contact@eurochips.org
A TRAVERS LE MONDE
Moldavie
L’ONG Société internationale des droits de l’homme – Section moldave (International Society for Human Rights – Moldavian Section, ou ISHR-MS), installée à Chisinau, aide depuis sept ans des enfants sans protection parentale. Ce groupe est composé d’enfants de parents détenus, ainsi que d’enfants confiés à des membres de leur famille parce que leur père ou mère est décédé ou que leurs parents sont partis chercher du travail à l’étranger.
Comme bien d’autres États qui viennent de gagner leur indépendance, la Moldavie est en proie à une crise économique et sociale. La négligence envers les enfants, ainsi que les délits et les suicides d’enfants ont fortement augmenté. En Moldavie, aucune structure des services sociaux ne prend en charge spécifiquement les enfants sans protection parentale. L’État et les collectivités les perdent souvent de vue et ces enfants présentent fréquemment une prédisposition à la délinquance intergénérationnelle, et donc à l’incarcération.
Pour améliorer la situation difficile dans laquelle se trouvent les enfants moldaves, il convient de sensibiliser les antennes locales capables de leur apporter un soutien énergique. A cette fin, les sections moldave et française de la Société internationale des droits de l’homme se sont associées pour faire reculer la délinquance juvénile en Moldavie. La ISHR-MS travaille actuellement à la création d’un centre d’accueil baptisé « Espoir », destiné aux enfants sans protection parentale âgés de 6 à 17 ans, c’est-à-dire aux plus vulnérables de ceux qui sont en danger. Ce centre d’accueil, qui sera financé par la section moldave de l’ISHR, fournira des services d’assistance à ces enfants, afin de les aider à s’intégrer dans la société et, en fin de compte, à briser le cercle de l’incarcération transgénérationnelle. Pour plus d’informations, veuillez contacter :
nemcinova@yahoo.com
NEWS : Octobre 2006
FRANCE
Formation - incarcération et liens familiaux
Le psychanalyste Alain Bouregba, Président de la
Fédération des Relais Enfants Parents (FREP)
et Vice-président d'
EUROCHIPS, organise à Paris
une formation de deux jours intitulée : Les liens familiaux à l'épreuve du pénal. La première journée
sera consacrée aux effets de l'incarcération du parent sur l'enfant, et plus particulièrement à l'impact
de la séparation sur l'enfant, aux risques de l'effacement d'un parent pour le développement de l'enfant
et à la prise en charge de l'enfant. La deuxième journée traitera de la parentalité à l'épreuve de l'incarcération,
et s'intéressera séparément aux mères incarcérées, aux pères incarcérés et au soutien des parents. Les 9 et 10 novembre,
en français uniquement. Pour plus d'informations : +33 (0)1 46 56 79 40 ou
federation.rep@club-internet.fr
ITALIE
Festa dell'affettività - Donner un " petit air de fête " à l'univers carcéral
Bambinisenzasbarre, une association italienne membre d'EUROCHIPS,
a tenu cet été sa Festa dell'affettività (Journée de la tendresse familiale) annuelle, un événement spécialement
organisé pour les enfants de parents détenus. Ce projet vise à mettre en valeur l'importance de la relation entre
l'enfant et le parent incarcéré. Pour nombre de participants, l'association aide les familles en leur donnant
l'occasion de se retrouver après une longue séparation. Un groupe de clowns accueille les enfants à l'extérieur et
à l'intérieur de la prison. Dans le cadre de cet événement, plusieurs stands proposent des activités interactives :
peinture et dessin, ballons, maquillage, musique, etc. D'autres divertissements pour parents et enfants sont
organisés sur un terrain de jeu voisin. Une petite troupe de théâtre formée par des parents détenus donne une
brève représentation. On sert des boissons, des biscuits et des gâteaux. En fin de journée, les enfants reçoivent
de menus présents lorsque vient l'heure de dire au revoir à leurs parents - un moment marquant que les clowns
et les bénévoles essaient d'adoucir de leur mieux.
Pour plus d'informations, veuillez contacter :
bambinisenzasbarre@infinito.it
ROYAUME-UNI
"Chaque enfant compte-t-il vraiment ?"
Le Children Act 2004 (loi sur les droits de l'enfant)
créait le programme de réforme du gouvernement britannique " Every Child Matters " (chaque enfant compte) -
on peut se demander toutefois si celui-ci répond aux besoins des enfants qui souffrent de l'incarcération d'un
membre de leur famille.
Action for Prisoners' Families, une organisation
britannique membre d'EUROCHIPS, accueillera à Londres, le 18 octobre prochain, une conférence sur le thème
Does Every Child Matter? (chaque enfant compte-t-il vraiment ?) afin d'étudier ces questions et de mettre
en exergue les différentes mesures qui devraient être prises pour aider ce groupe d'enfants vulnérables.
Parmi les principaux intervenants citons Maria Miller, députée britannique, porte-parole de l'opposition
sur l'éducation et la famille, et Kathleen Marshall, commissaire écossaise en charge des enfants et des
jeunes. L'après-midi, Martin Narey, directeur de
Barnardo's au Royaume-Uni
et ancien directeur général de l'administration pénitentiaire, ainsi que la journaliste Angela Neustatter
participeront à une table ronde. La présidence sera assurée par le Dr. Andrew Coyle, directeur
du
International Centre for Prison Studies et ancien directeur
de prison. Des femmes membres de la
Clean Break Theatre Company
liront des œuvres sur le thème " un détenu dans la famille ". Les membres d'EUROCHIPS bénéficieront d'un
tarif préférentiel de 75 euros pour l'inscription. Pour plus d'informations,
veuillez contacter :
conference@actionpf.org.uk
" Répondre aux besoins des enfants de détenus "
Le 19 octobre prochain, l'antenne de Barnardo's en
Irlande du Nord
organise à Belfast une conférence intitulée " What About Me? Meeting the Needs of Children of Prisoners " (Et moi, alors? Répondre
aux besoins des enfants de détenus). Martin Narey, directeur de Barnardo's au Royaume-Uni, et Farida Anderson
de
Partners of Prisoners (Partenaires des détenus), de Manchester,
interviendront à cette occasion. Kjersti Holden, membre d'EUROCHIPS et de
Foreningen for
Fangers Pårørende, une organisation norvégienne de soutien aux parents et amis de détenus, représentera EUROCHIPS
et abordera la question des enfants de détenus dans une perspective européenne.
Plusieurs ateliers seront également consacrés au processus d'implication du parent dans la préservation du lien avec
l'enfant, à l'impact de l'incarcération de la mère sur l'enfant, à l'aide aux familles de délinquants sexuels,
aux services d'assistance pour les visites en prison et aux services de proximité destinés aux familles.
La compagnie Rainbow Factory interprétera une pièce traitant le sujet. Barnardo's gère en Irlande du Nord un
projet intitulé Parenting Matters (la parentalité a toute son importance), qui est à l'origine d'initiatives
de soutien à la parentalité dans toute la région, et notamment dans les trois prisons, à l'intention des hommes,
des femme, et des jeunes. Il vise également à aider les familles de détenus dans leur quotidien.
Pour plus d'informations : +44 028 90320157 ou
angie@niacro.co.uk
PERSPECTIVES DE FINANCEMENT EUROPEEN
Daphné III - contre la violence envers les enfants, les jeunes et les femmes
Les députés européens ont appelé à renforcer le financement de DAPHNE III, un programme de l'UE visant à lutter
contre la violence faite aux enfants, aux jeunes et aux femmes. En adoptant un rapport de première lecture sur
ce programme, les députés ont demandé un budget de 125 millions d'euros pour 2007-2013, alors que la proposition
de la Commission européenne prévoyait 116,85 millions d'euros. Ils souhaitent que la violence domestique, les
mutilations génitales et la protection des victimes soient ajoutées aux objectifs du programme. Les députés
européens ont également souligné qu'il était nécessaire de reconnaître que certains groupes, notamment les femmes
appartenant à des minorités ou vivant dans la pauvreté, les détenues, les réfugiées et les migrantes, ainsi que
les femmes handicapées et âgées, sont particulièrement vulnérables à la violence. Le programme financera le lancement,
à l'échelon européen, d'une ligne téléphonique " SOS Enfants ", avec numéro international unique gratuit à l'usage des enfants.
Le programme couvrira la période allant du 1er janvier 2007 au 31 décembre 2013 et, selon le Parlement, il devrait se
fonder sur les politiques et objectifs fixés dans les programmes " Daphné " (2000-2003) et " Daphné II " (2004-2008).
Pour plus d'informations sur les critères d'adhésion, veuillez contacter : Lena Kraft, Service de presse -
Attachée de presse :
femm-press@europarl.europa.eu
Tél. : (32) 2 28 32590 (Bruxelles)/ (33) 3 881 72420 (Strasbourg).
Pour télécharger les documents de référence :
http://www.europarl.europa.eu/oeil/file.jsp?id=5290062
PUBLICATIONS RECENTES
World Female Imprisonment List
La World Female Imprisonment List (liste de la population féminine incarcérée dans le monde) est établie par
Roy Walmsley et publiée par le
International Centre for Prison Studies
de King's College : il s'agit de la première édition de cette liste qui concerne exclusivement l'incarcération
des femmes. On y trouve le nombre de femmes et de mineures détenues dans des établissements pénitentiaires,
qu'elles soient prévenues ou condamnées, ainsi que le pourcentage de femmes et mineures dans la population
carcérale nationale, dans 187 systèmes pénitentiaires dans le monde. Pour télécharger le document pdf :
http://www.prisonstudies.org/
Règles pénitentiaires européennes
Cet ouvrage, consacré aux règles pénitentiaires en vigueur en Europe, étudie la détention et les prisons sous
tous leurs aspects, notamment la sélection du personnel pénitentiaire et la protection des droits fondamentaux
des détenus. En ce qui concerne les liens familiaux, les règles pénitentiaires rappellent que "tous les détenus
ont droit à certains contacts et les autorités pénitentiaires doivent s'efforcer de créer les conditions leur
permettant de maintenir ces contacts dans les meilleures conditions". Elles soulignent l'importance particulière
des visites non seulement pour les détenus, mais aussi pour leurs familles et en particulier leurs enfants.
Les nouvelles règles comportent plusieurs nouveautés par rapport aux règles de 1987. Notons en particulier
une section concernant les femmes détenues, qui stipule que leurs besoins physiques, psychologiques et sociaux
doivent être pris en compte au moment de l'incarcération. Les femmes enceintes ont le droit d'accoucher à l'
extérieur de la prison ; si l'accouchement a lieu en prison, les autorités pénitentiaires doivent apporter
tout le soutien nécessaire. Les nouvelles règles soulignent également la nécessité d'apporter un soutien
spécialisé aux femmes victimes d'abus sexuel, physique ou moral. Pour obtenir un exemplaire :
http://book.coe.int/FR/ficheouvrage.php?PAGEID=36&lang=FR&produit_aliasid=2098
NEWS : Juillet 2006
EUROPE
La conférence d'EUROCHIPS,
Children of Imprisoned Parents: European Perspectives,
qui s'est tenue à la Cité Internationale Universitaire de Paris du 12 au 13 mai
2006 à réuni quelques 150 délégués venus de 19 pays, une subvention de la Soros
Foundation (
Open Society Institute) ayant permis à des délégués de Croatie,
de Tchéquie,
d'Hongrie, du Kazakhstan, de Lituanie et de Pologne de rejoindre les participants originaires
d'Europe occidentale et du Canada. Le Relais Enfants-Parents-Cameroon était aussi représenté.
Elda Moreno (Espagne), du Conseil de l'Europe, a présidé la conférence.
Marie Panayotopoulos-Cassiotou, député grecque au
Parlement européen, a donné le discours d'ouverture.
Le discours-programme a été prononcé par Taslima Nasreen, romancière, poète et militante pour les droits
de l'homme, qui s'est exprimée par rapport aux droits de l'homme et à sa propre expérience de la
discrimination et de l'exclusion (elle a été expulsée de son pays d'origine, le Bangladesh, et
réside actuellement en Inde). Rita Swinnen, de la
Bernard van Leer Foundation
(qui finance
EUROCHIPS),
a donné le discours de clôture de la première journée.
Parmi les autres intervenants, il convient de citer Ria Wolleswinkel (Université de Maastricht) et
Maryam Tabib (
AIRE Centre, UK), qui ont examiné les questions juridiques relatives aux enfants de
parents incarcérés. Andrew Coyle, le directeur du
International Centre for Prison Studies, King's
College, University of London) a prononcé un discours très engagé sur les aspects psychologiques de
l'incarcération, démontrant qu'il n'y a pas de relation directe entre le taux d'emprisonnement et le
taux de criminalité dans un pays donné et soulignant à quel point l'emprisonnement des enfants et des
jeunes était en augmentation. Il s'est servi d'histoires tirées de sa propre expérience en tant que
directeur de la prison de Brixton pour montrer combien il est important de préserver les liens entre
les prisonniers et leurs enfants. Il a aussi attiré l'attention sur le fait que les conditions des
visites familiales varient profondément d'un pays à un autre, en précisant que les pays
d'Europe de l'ouest auraient beaucoup à apprendre des visites familiales régulières et chaleureuses
pratiquées dans les pays d'Europe centrale et orientale. Alain Bouregba, directeur de la Fédération
des Relais-Enfants Parents, France, a développé une approche psychologique quant aux risques encourus
par les enfants dans leur développement individuel et dans leurs rapports avec les adultes et avec leurs pairs.
La conférence a aussi été l'occasion de présenter le livre
Children of Imprisoned Parents: European Perspectives
on Good Practice (Eurochips, April 2006), un ouvrage collectif qui présente un état des connaissances actuelles,
des bonnes pratiques et des moyens de pression. Les questions abordées comprennent le contexte juridique,
les parents et la prison, les enfants qui visitent les prisons, les enfants vivant avec une mère incarcérée,
la pédagogie et les liens familiaux, et les moyens de pression en faveur des enfants de prisonniers.
Le chapitre d'introduction présente la vision qui anime le réseau et le travail de ses membres, et les chapitres suivants donnent une série d'exemples concrets et d'expériences personnelles, avec des idées et des recommandations pour l'avenir.
Une série d'ateliers a été organisée le deuxième jour, sur des thèmes comme les enfants qui visitent les prisons,
les parents incarcérés, les questions juridiques, les moyens de pression et l'importance d'un réseau de soutien
au niveau national, et sur la pédagogie des liens familiaux en prison.
ITALIE
L'association
Bambinisenzasbarre (BSS) de Milan, membre d'Eurochips, a collaboré étroitement avec la prison de San
Vittore pour aménager un espace en détention en vue d'améliorer les conditions de visite pour les enfants de parents
incarcérés. Auparavant, les enfants et leurs familles étaient souvent obligés de faire la queue à l'extérieur de la prison,
quelque soient les conditions météorologiques, avant de voir leur parent détenu. Tout a changé en avril 2006 quand BSS a
ouvert le "Spazio Giallo" au sein de la prison de San Vittore, un espace convivial spécialement adapté aux besoins des
enfants. Le "Spazio Giallo" (littéralement "l'espace jaune", à cause de ses murs jaunes) est un endroit où les enfants
et leurs accompagnateurs peuvent attendre les visites plus confortablement, en profitant des jouets et jeux mis à leur
disposition. Une équipe de professionnels spécialement formés aide les enfants à se détendre. Une autre équipe, composée de
professionnels et de bénévoles, offre un soutien et des informations concernant la psychologie, le droit et d'autres sujets.
Le "Spazio Gallo" est ouvert tous les jours. Pour y avoir accès, les adultes accompagnateurs doivent réserver auprès de
Bambinisenzabarre. Pour plus d'informations, veuillez contacter
bambinisenzasbarre@infinito.it
A TRAVERS LE MONDE
Le Relais Enfants-Parents du Cameroun, crée en décembre 2005 pour accompagner les enfants de parents détenus-surtout
des mères qui font partie des couches vulnérables parce qu'elles sont souvent abandonnées par leurs conjoints et
familles-a lancé une campagne de sensibilisation lors de la Fête des mères et de la Journée de l'enfant africain
(du 6 au 16 juin 2006) avec la présence de Marie France Blanco, fondatrice du Relais Enfants-Parents et son partenaire
en France.
Une fois par semaine, le REP-Cameroun organise des ateliers de fabrication d'objets en détention destinés aux enfants.
Pour le moment, ils n'accompagnent les enfants que pendant les grandes occasions (Fête des mères et Noël) parce qu'ils
manquent encore les moyens. Leur but est de les accompagner une fois par mois. Par ailleurs, ils ont mis sur pied un
projet de parrainage pour les institutions et personnes voulant les soutenir.
Au Cameroun il existe 75 prisons et environ 54 000 enfants ont des parents privés de liberté et rien n'est prévu pour
eux, dans la plupart des prisons les enfants n'ont pas le droit d'accès. Soixante-quinze pour cent de détenus sont
issus de milieux extrêmes pauvres ; par conséquent un grand nombre de leurs enfants vivent dans la précarité. Pour
plus d'information, veuillez contacter Claire Mimboe Ndi-Samba au
info@repcam.org
NEWS : Mars 2006
FRANCE
Mise à Jour des Règles Pénitentiaires Européennes
Le Comité des Ministres du Conseil de l'Europe met à jour
les Règles Pénitentiaires Européennes.
Le 11 janvier 2006, suite à une récente affaire portée devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme et aux nouveaux standards développés par le Comité pour la Prévention de la Torture, le Comité des Ministres a adopté de nouvelles règles, qui n'avaient pas été modifiées depuis 1987. Bien que ces règles ne soient pas juridiquement contraignantes, elles énoncent les conditions requises pour un traitement juste et équitable des détenus dans le respect des droits de l'Homme. En ce qui concerne les liens familiaux, les règles pénitentiaires rappellent que " tous les détenus ont droit à certains contacts et les autorités pénitentiaires doivent s'efforcer de créer les conditions leur permettant de maintenir ces contacts du mieux possible " Elles soulignent l'importance particulière des visites non seulement pour les détenus, mais aussi pour leurs familles et en particulier leurs enfants.
Les nouvelles règles comportent plusieurs nouveautés par rapport aux règles de 1987. Notons en particulier une section concernant les femmes détenues, qui stipule que leurs besoins physiques, psychologiques et sociaux doivent être pris en compte au moment de l'incarcération. Les femmes enceintes ont le droit d'accoucher à l'extérieur de la prison ; si l'accouchement a lieu en prison, les autorités pénitentiaires doivent apporter tout le soutien nécessaire. Les nouvelles règles soulignent également la nécessité d'apporter un soutien spécialisé aux femmes victimes d'abus sexuel, physique ou moral.
Le
Quaker Council for European Affairs (QCEA), une ONG basée à Bruxelles qui a réalisé une étude sur les conditions d'incarcération des femmes dans les pays membres du Conseil de l'Europe, a rédigé une analyse des règles selon la perspective des femmes détenues (
Gender Critique). Cette analyse met en lumière notamment les recommandations d'établir des règles spécifiques pour protéger les femmes détenues, de permettre aux enfants de rendre visite à leur parent détenu, et d'identifier le nombre, l'âge et le lieu de vie des enfants de détenus et des personnes qui en ont la charge en l'absence du parent détenu.
NOUVELLES ETUDES
Une nouvelle étude de Joseph Murray et David P. Farrington de l'
Institut de Criminologie de Cambridge explore l'impact négatif de l'incarcération d'un parent sur les enfants à long terme, en comparant l'évolution d'enfants de parents incarcérés à celle d'enfants séparés de leurs parents pour d'autres raisons. Intitulée Parental Imprisonment : effects on boys' anti-social behaviour and delinquency through the life-course" (Incarcération des parents : effets sur le comportement antisocial et la délinquance des garçons au cours de la vie), cette étude utilise des données longitudinales de la Cambridge Study in Delinquency Development (étude sur le développement de la délinquance de Cambridge) qui s'appuie sur des résultats obtenus auprès de 411 hommes londoniens et de leurs parents. Elle compare les garçons séparés par l'incarcération parentale pendant les premières dix années de leur vie à des groupes témoin - des garçons n'ayant pas vécu de séparation, des garçons séparés d'un parent par une hospitalisation ou un décès, des garçons séparés pour d'autres raisons, par exemple le divorce, et des garçons dont les parents étaient incarcérés avant leur naissance. Des facteurs de risque de délinquance individuels, parentaux et familiaux ont été mesurés sur des garçons de 8 à 11 ans. Onze conséquences sur leur comportement antisocial ou délinquant ont été évaluées entre 14 et 40 ans. Cette étude longitudinale, l'une des rares études étudiant les effets à long terme de l'incarcération d'un parent, s'étend au-delà du problème de la séparation et envisage d'autres facteurs pouvant influer sur l'avenir des enfants de parents incarcérés. Parmi ces facteurs, on peut noter la stigmatisation, la diminution du revenu familial, ou encore des explications inadéquates sur les circonstances de l'incarcération du parent (ne pas dire la vérité à l'enfant). En conclusion, les auteurs soulignent la nécessité d'effectuer davantage de recherches longitudinales à plus grande échelle pour évaluer plus loin les facteurs qui influent sur le développement des enfants de parents incarcérés. Une autre étude récente de Joseph Murray présente une revue de la littérature en langue anglaise sur le thème des familles de détenus. Elle s'intitule "
The effects of imprisonment on families and children of prisoners. " (Les effets de l'incarcération sur les familles et les enfants de détenus.) Murray, J. (2005). In A. Liebling & S. Maruna (Eds.), The effects of imprisonment (pp. 442-492). Uffculme, Devon: Willan.
Un rapport par des chercheurs du centre de recherches sur la prison de l'
institut de criminologie de Cambridge (Cambridge Institute of Criminology Prison Research Centre) met en lumière les effets positifs du maintien des liens et contacts familiaux auprès des détenus en matière de prévention du suicide. Les travaux de recherche, intitulés "
An Evaluation of the Safer Locals Programme " (une évaluation du programme des locaux plus sûrs), ont été effectués par Alison Liebling, Sarah Tait, Linda Durie, Annick Stiles et Joel Harvey, avec l'aide de Gerry Rose. Ils soulignent la manière dont les liens familiaux peuvent agir comme " facteur de protection " contre le suicide en diminuant la détresse des détenus. Statistiquement, la détresse est en effet liée au taux de suicide dans les institutions.
La recherche explore également comment les conditions pourraient être améliorées tant pour les détenus que pour le personnel des prisons. En ce qui concerne le maintien du contact familial, les solutions suggérées par les détenus incluent un accès plus facile aux familles, la mise à disposition de matériel d'écriture, plus de temps pour les conversations téléphoniques, et des visites plus longues.
Le Safer Locals Programme a été mis en place suite à l'augmentation du nombre de suicides en prise de 62 par an, soit un taux de 127 pour 100 000 détenus en 1994, à 91, soit un taux de 140 pour 100 000 détenus en 1999. Le programme regroupe cinq prisons pilotes.
NEWS : Novembre 2005
LITUANIE
Une conférence interne sur le thème : " Les Femmes et le Système Pénal en Europe : Compte-rendu, Analyse des Besoins et aperçu des Bonnes Pratiques ", s'est tenue à Vilnius du 13 au 16 octobre 2005
Organisée par l'Institut Législatif du Ministère de la Justice Lituanien et l'Université de Greifswald, cette conférence est l'aboutissement d'un projet de recherche financé par la Commission Européenne (Programme Agis) sur les femmes et les systèmes pénaux en Europe. Le projet étudie les conditions de vie des femmes incarcérées dans les pays suivants : Danemark, Allemagne, Grèce, Lituanie, Croatie, Pologne, Russie, Slovénie, Espagne afin d'améliorer leur situation à long terme. Il y est également question des conditions de travail des personnels pénitentiaires et de la possibilité de développer des programmes de formations ciblées pour ceux qui exercent leur fonction dans des établissements pour femmes.
Pour plus d'informations, vous pouvez contacter : Prof. Dr. Frieder Dünkel. Courriel :
duenkel@uni-greifswald.de et Dr. Claudia Kestermann. Courriel :
kester@uni-greifswald.de
NORVEGE
Foreningen for Fangers Pårørende (FFP), une organisation norvégienne œuvrant en faveur des parents et amis de détenus, a démarré un projet destiné à soutenir les adolescents de 13 à 20 ans ayant des amis ou des parents en prison. Mis en place en partenariat avec la
Croix Rouge norvégienne, le projet cherche à accroître la confiance des jeunes en mettant à leur disposition un lieu de rencontre où partager leurs expériences, leurs réflexions et leurs questions. Il leur permet également de recevoir un soutien en cas d'incarcération d'un ami ou d'un membre de leur famille et de participer à différentes activités, comme par exemple du paintball ou des soirées jeux vidéo. (Les adolescents choisissent et organisent eux-mêmes les activités dans lesquelles ils souhaitent s'engager.) Le projet, géré par des travailleurs sociaux ayant de l'expérience auprès d'adolescents et des volontaires formés, est soutenu par le Ministère norvégien de la Jeunesse et des Affaires Familiales. Membre d'
Eurochips, FFP est basé à Oslo mais son travail s'étend sur l'ensemble du territoire norvégien.
Pour plus d'informations, contactez Mario Erik Briceño López :
mario@ffp.no
ROYAUME-UNI
Family Contact : Making it Work (Faire fonctionner les liens familiaux)
Le 20 octobre 2005, près de 200 personnes de tout le Royaume-Uni se sont réunies à Londres pour participer à une conférence sur le thème du maintien des liens familiaux (" Family Contact : Making it Work ") organisée par Action for Prisoners' Families (APF).
La conférence s'est ouverte de manière originale par la présentation d'une pièce de théâtre intitulée Homeward Bound écrite pour l'occasion par Mary Cooper. Interprétée par la troupe théâtrale M6, cette pièce traite avec réalisme et sensibilité de l'impact de l'incarcération sur les familles, et en particulier des conflits émotionnels vécus par les partenaires, les enfants et les détenus au moment de l'incarcération, pendant la période de détention et à la sortie de prison.
Fiona Mactaggart, Sous-secrétaire parlementaire à l'égalité raciale, à la police communautaire et au renouveau civil, a souligné l'importance des liens familiaux et le rôle de la communauté, en particulier dans la réinsertion. Constatant le taux élevé de suicides dans la semaine suivant la libération d'un détenu, elle a noté la nécessité d'un soutien accru de l'Etat à la réinsertion. Selon elle, maintenir des liens familiaux de qualité peut mener au changement ; c'est pourquoi ils doivent être développés. Les nouvelles technologies de communications et notamment la vidéo pourraient être des outils efficaces. Parmi les autres intervenants, notons la présence de Mary McLeod, Directrice, National Family and Parenting Institute et de Hazel Banks, Directrice de Women's Team and Juvenile Group, HM Prison Service.
Les gagnants du Daisy and Tom Awards, récompense créée par l'APF pour encourager les prisons en Angleterre et au Pays de Galles à développer des initiatives originales de développement des liens familiaux, ont également été annoncés lors de la conférence. Les plus hautes récompenses ont été attribuées à HMP Bristol (pour des ateliers destinés à aider les détenus et leurs partenaires dans leur relation), HMP Wandsworth (pour la création et la gestion d'un cours de maintien des relations familiales en partenariat avec l'organisation caritative Safe Ground) et HMP Stafford (pour la mise en place de visites familiales spéciales permettant de maintenir le contact dans un environnement plus relaxant que la traditionnelle visite de prison.) Storybooks Dad, un projet grâce auquel les parents détenus enregistrent sur cassette des histoires qu'ils lisent à leurs enfants, a également obtenu une récompense.
Un DVD de la pièce Homeward Bound, outil efficace pour faire prendre conscience du problème et changer l'attitude de tous les secteurs concernés par les détenus et leurs familles, est en cours de réalisation et sera mis à disposition par l'APF début 2006. Pour plus d'informations, contactez APF par courriel :
info@actionpf.org.uk.
Justice des Mineurs: Droit des Enfants dans le système pénal.
La Howard League for Penal Reform organise à Londres une série de conférences sur les droits légaux et humains des enfants dans le système judiciaire.
Ces conférences s'adressent aux membres des services pénitentiaires d'insertion et de probation, aux autorités locales, aux travailleurs sociaux, aux représentants des services probation, aux magistrats, aux avocats, aux organismes de volontaires, aux universitaires et à tous les professionnels du système judiciaire soucieux de réforme. Elles sont organisées en sessions plénières avec intervenants, questions et débats, et groupes de travail pour approfondir le sujet et explorer les bonnes pratiques.
La prochaine conférence de cette série aura lieu le 2 décembre 2005 sur le thème des " Jeunes Détenus "
Pour plus d'informations, contactez Barbara Norris à la Howard League for Penal Reform. Tél : +44 20 7249 7373 ; Fax : +44 20 7249 7788 ; Courriel: events@howardleague.org.
Les détenus et leur famille : le maintien des liens
Eurochips a joué un rôle important lors de la troisième conférence nationale de l'organisation caritative NEPACS-chargée du soutien aux détenus, ex-détenus, à leurs familles et à leurs proches dans la région du Nord Est-qui a eu lieu début septembre à Durham, sur le thème : " Les détenus et leur famille : le maintien des liens ". Ria Wolleswinkel, professeur à l'université de Maastricht et ex-présidente d'Eurochips, a prononcé le discours d'ouverture sur les besoins et les droits des enfants de parents détenus en insistant sur la façon dont ces droits peuvent être invoqués afin d'améliorer les conditions d'accueil et les services dû aux familles. Lloyd Withers, coordinateur national du réseau Family and Corrections Network au Canada est intervenu en invoquant l'importance de la coordination des actions entre les diverses organisations nationales de volontaires auprès des familles de détenus. Divers ateliers ont par ailleurs permis aux participants d'échanger points de vue et expériences avec des experts, concernant des actions menées en Ecosse, en Angleterre, en Russie et en Suède. Rita Christensen et Pernilla Svebo, représentant l'organisation suédoise RiksBryggan, membre d'Eurochips, ont notamment présenté leur travail auprès des enfants de parents détenus ainsi que les groupes d'étude sur la parentalité mis en place dans les prisons suédoises. Les ateliers ont abordé les thèmes suivants : toxicomanie, les familles de la communauté noire, les aménagements pour un meilleur accueil des familles.
NEWS : Mars 2005
EUROPE
La Fondation Bernard van Leer a organisé en février 2005 à Londres une réunion avec ses partenaires européens, dont Eurochips, représentant 8 pays, autour de projets traitant de la participation des enfants. Il a notamment été question - tant sur le plan des travaux théoriques que de la pratique - de la façon dont les enfants âgés de 0 à 8 ans interviennent dans les situations qui les concernent. Gerison Lansdown, consultante indépendante spécialisée dans les droits de l'enfant a animé deux sessions sur l'évaluation et le soutien au développement de l'autonomie de l'enfant et les droits de l'enfant. Elle est par ailleurs l'auteur d'une étude publiée en collaboration avec le Centre de Recherche Innocenti de l'Unicef et Save the Children (Suède) (
www.unicef-icdc.org). Penny Lancaster, de Coram Family's Listening to Young Children Training and Consultancy Service a animé un débat sur les diverses stratégies encourageant la participation de l'enfant et sur la collaboration entre partenaires de la Fondation.
En ce qui concerne les enfants de parents détenus, il a été souligné que les " coins enfants " aménagés dans des lieux difficiles tels que les parloirs de prison, devraient également permettre aux enfants de participer activement en choisissant une activité et en la gérant seuls. Des animateurs peuvent de leur côté les encourager à s'exprimer, notamment à l'aide d'outils d'évaluation. Un des partenaires propose par exemple à l'enfant de choisir un visage parmi trois dessins de couleurs différentes, en fonction de ce qu'il ressent : vert : " c'était très bien ", orange : " Je ne sais pas ", rouge : " Ça ne m'a pas plu ". L'enfant accroche le visage de son choix sur un panneau à côté de l'activité en question.
La réunion a par ailleurs souligné l'importance du respect de la Convention relative aux droits de l'enfant, et notamment des articles suivants :
Extraits :
Article 5
Les Etats parties respectent la responsabilité, le droit et le devoir qu'ont les parents ou, le cas échéant, les membres de la famille élargie ou de la communauté, comme prévu par la coutume locale, les tuteurs ou autres personnes légalement responsables de l'enfant, de donner à celui-ci, d'une manière qui corresponde au développement de ses capacités, l'orientation et les conseils appropriés à l'exercice des droits que lui reconnaît la présente Convention.
Article 12
(…)
Les Etats parties garantissent à l'enfant qui est capable de discernement le droit d'exprimer librement son opinion sur toute question l'intéressant, les opinions de l'enfant étant dûment prises en considération eu égard à son âge et à son degré de maturité.
(…)
EUROCHIPS vous renvoie également à l'article suivant (extrait) :
Article 9
(…)
3. Les Etats parties respectent le droit de l'enfant séparé de ses deux parents ou de l'un d'eux d'entretenir régulièrement des relations personnelles et des contacts directs avec ses deux parents, sauf si cela est contraire à l'intérêt supérieur de l'enfant.
Le texte intégral de la convention est disponible sur :
http://www.unicef.org/french/crc/crc.htm
BELGIQUE (COMMUNAUTÉ FRANçAISE)
A l'occasion d'une conférence de presse qui s'est tenue le 24 février 2005 à Bruxelles, la Croix-Rouge et l'ASBL Relais Enfants-Parents, actifs dans plusieurs établissements pénitentiaires, ont présenté l'action en partenariat qu'ils développent depuis 2003. Il s'agit d'un réseau de volontaires accompagnateurs, dits " navetteurs ", qui permet à des enfants de familles fragilisées de visiter leur parent détenu. Le rôle du volontaire, qui reçoit une formation spécifique, consiste à :
- Prendre en charge un ou plusieurs enfants à leur domicile ou lieu de résidence. Dans la mesure du possible, il est important que ce soient toujours les mêmes personnes qui véhiculent les mêmes enfants.
- Assurer un accueil, une présence bienveillante auprès des enfants.
- Véhiculer ces enfants jusqu'à la porte de la prison de détention du parent. Le volontaire y est attendu par un psychologue du Relais Enfants - Parents chargé des rencontres entre les enfants et les parents détenus.
- Reprendre les enfants en fin de visite - deux heures plus tard - et les reconduire jusqu'à leur domicile.
- Etre à l'écoute des enfants : l'avant et l'après visite sont des moments forts au niveau émotionnel pour l'enfant.
La conférence, à laquelle ont assisté de nombreux représentants de la presse écrite, de la radio et de la télévision, a été notamment l'occasion de lancer un appel commun afin de recruter de nouveaux volontaires. En Belgique, neuf prisons sont déjà concernées par cette initiative tandis que 15.000 à 20.000 enfants par an vivent l'incarcération d'un ou de deux parents.
Pour tout renseignement: Geneviève Moumal, coordinatrice institutionnelle du projet, Relais Enfants-Parents, tél. +31 (0)2 534 88 13,
relais.e.p@belgacom.net
Croix Rouge : Luc Mélardy, Coordinateur secteur prison, tél. +31 (0)2 371 33 17,
luc.melardy@redcross-fr.be
CANADA
Un colloque sur la Prévention et l'intervention face à la criminalité aura lieu du 20 au 22 avril 2005 à Orford, Québec . Ce sixième colloque, organisé par les Services d'aide Bruno Dandenault, le Centre d'intervention en violence et abus sexuels de l'Estrie et le Regroupement des intervenants en matière d'agression sexuelle, a pour thème "Tous pour un, un pour tous". Les structures de la société québecoise, selon le comité organisateur, sont en pleine mutation et le gouvernement québécois a entrepris une grande manoeuvre de modernisation de l'État. Les organismes doivent intensifier leurs échanges et leur collaboration concernant l'intervention et la prévention de la criminalité. Les ateliers présentent des approches utilisées dans les différents milieux sur les thèmes suivants:
- comment prévenir les problèmes d'adaptation chez les enfants lorsqu'un père est en prison
- l'impact de la toxicomanie sur la famille
- les jeunes et l'Internet
- la santé mentale des femmes
- des ateliers concernant la traitement des homme incestueux et des agresseurs sexuels
- les gangs
COLLOQUE DEUX MILLE
C.P. 161 SHERBROOKE
QUÉBEC J1H 5H8
Pour plus d'information: Sara Martinet,
sarasabd@qc.aira.com
tél. (819) 564-5130.
www.rimas.qc.ca
ITALIE
L'association Bambinisenzasbarre (BSS) (Enfants Sans Barreaux), collabore avec la prison de San Vittore, à Milan, afin d'offrir de meilleures conditions de visite aux enfants qui rencontrent un parent en détention. En mai 2004, BSS avait ouvert une " Stanza Verde " (chambre verte) - nom donné à la salle, dans un théâtre, où les comédiens vont décompresser avant une première - dans un des plus grands musées de Milan : Le Musée des Sciences et des Technologies, situé à proximité de la prison de San Vittore. Il s'agit d'un espace qui accueille les enfants et la famille des détenus en attendant les visites en prison, visites qui occasionnent souvent de longues files d'attente, dû à l'impossibilité de réserver un parloir à l'avance. Le lieu est équipé de jeux et jouets et animé par un personnel formé, l'idée étant de gérer l'anxiété de l'enfant avant la rencontre avec son parent détenu. L'équipe de professionnels et de volontaires est également disponible pour apporter un soutien d'ordre psychologique, légal ou autre.
Depuis la mi-février 2005, BSS attend l'arrivée de l'enfant pour réserver un parloir et l'accompagne à la prison à l'heure convenue, afin d'éviter toute attente sur place.
Les enfants accueillis par la Stanza Verde peuvent par ailleurs visiter le musée.
BSS a coordonné cette initiative avec les services pénitentiaires (Provveditorato Regionale, Centro Servizio Sociale per Adulti), l'université de Milano-Bicocca, Enaip (fondation privée pour la formation professionnelle), la Fondation Caritas Ambrosiana et la Fondation du Musée des Sciences et des Technologies.
La Stanza Verde est actuellement ouverte les mercredis et samedis.
Pour plus d'information:
bambinisenzasbarre@infinito.it
PAYS-BAS
Une nouvelle étude intitulée "Effect van kinderbezoek aan gedetineerde Vaders" de Anke Bolwijn et Piet Bolwijn vient de paraître aux Pays-Bas. Cette étude, inspirée par un programme parents/enfants mis en place dans la prison de Roermond a concerné 10 pères et 16 enfants âgés de 3 à 13 ans. Les conditions de visite à Roermond permettent aux pères d'avoir un contact physique avec leurs enfants et de se consacrer entièrement à eux. L'étude constate que suite à ces visites, l'atmosphère de la prison est plus sereine et plus humaine.
Pour plus d'information : Anke Bolwijn and Piet Bolwijn, "Effect van kinderbezoek aan gedetineerde vaders", Proces 2004/5,
p. 196-201.
ROYAUME-UNI
Action for Prisoners' Families (APF), en partenariat avec le Midlands Regional Visitors Centre Forum, organise un atelier de bonnes pratiques pour leurs membres le 23 mars 2005 à Peterborough. L'atelier a pour but de discuter avec les responsables des centres de visite des méthodes utilisées pour aborder les familles et proches des détenus se rendant pour la première fois en prison. Il sera notamment discuté du contenu des informations communiquées : brochures, panneaux d'affichage, et du personnel chargé de les communiquer. Les centres de visite jouent un rôle primordial dans l'amélioration des contacts familiaux et le soutien aux familles. APF organisera un autre atelier dans le Nord de l'Angleterre et en Ecosse, en mai 2005. Ces deux réunions feront l'objet d'un guide de bonnes pratiques qui sera distribué à tous les membres.
Pour plus d'information ou pour participer à ces ateliers : Mark Heybourne,
mark@actionpf.org.uk tél. +44 01603 610888.
ROYAUME-UNI
Le 21 avril 2005, Action for Prisoners' Families et Eastern Regional Families Partnership (The Ormiston Children & Families Trust) organisent une conférence intitulée Homeward Bound: The Resettlement Pathway for Children & Families (Le chemin du retour : les retrouvailles pour les enfants et les familles). La conférence abordera les difficultés rencontrées par les détenus sortant de prison ainsi que leur famille et comprendra une série d'ateliers de bonnes pratiques. Une pièce de théâtre spécialement écrite pour l'occasion par l'auteur Mary Cooper sera interprétée par la compagnie M6 Theatre. Les principaux intervenants sont Lord Filkin, sous secrétaire d'Etat à la famille et aux enfants et Christine Knott, Responsable Régional pour l'Angleterre et le Pays de Galles des personnes placées sous main de justice. La conférence aura lieu à l'hippodrome de Birmingham.
Pour plus d'information, contacter Sue Gunns au Ormiston Children & Families Trust:
sue.gunns@ormiston.org or tél: +44 01638 600 076
NOUVEAUX LIVRES POUR ENFANTS
PETIT TOM EN VISITE : Cette brochure illustrée, publiée en français par le Fonds Houtman (O.N.E. Communauté française), raconte l'histoire du petit Tom dont le père est incarcéré. Elle décrit notamment les émotions de l'enfant et la façon dont sa mère lui parle de l'incarcération de son père. Ce fascicule a pour but de soutenir l'enfant en renforçant sa confiance envers lui-même et ses proches, c'est également un outil pour les professionnels travaillant auprès des familles concernées par l'incarcération d'un parent.
Les textes sont disponibles en néerlandais, en allemand et en turc sur simple demande
Pour vous procurer cette brochure et/ou les textes traduits :
christelle.bornauw@skynet.be
Action for Prisoners' Families publit une série de livres en anglais pour les enfants concernés par l'incarcération d'un parent :
DANNY'S MUM : de Action for Prisoners' Families, illustré par Lesley Saddington. Le livre raconte l'histoire de Danny, dont la mère est incarcérée et analyse le sentiment de perte et le désarroi qui l'animent. Danny parle de la situation de sa mère à ses camarades de classe et amis et attend le retour de sa mère avec impatience.
Age : 3 à 6 ans.
Actuellement disponible. Prix : 3£.
TOMMY'S DAD : de Emma Randle-Caprez, illustré par Nick Sharratt. C'est l'histoire d'un jeune garçon et de sa sœur dont le père va en prison. Les deux enfants sont très frustrés par le fait qu'on ne leur explique pas la situation. Finalement, la mère décide de les emmener voir leur père en prison.
Age : 3 à 6 ans.
Disponible le 18 avril 2005.
FINDING DAD : de Dan Lee, illustré par Korky Paul. C'est l'histoire de James Orchard, petit garçon de 8 ans, qui devient détective afin de découvrir la vérité sur son père qui a disparu un beau matin avec la police. La mère de James se contente de lui dire que son père a été chargé d'une mission secrète, ce qui encourage l'enfant à imaginer toutes sortes de situation tandis qu'il tente de retrouver la trace de son père.
Age : 8 à 11 ans.
Disponible le 30 mai 2005.
Pour obtenir ces livres :
info@actionpf.org.uk
NEWS : DECEMBRE 2004
EUROPE
Cranstoun Drug Services et le
European Network on Drugs and Infections Prevention in Prison (Réseau Européen pour la prévention des infections liées à l'usage de drogues en prison) a soumis le 24 novembre dernier, au Parlement européen, un rapport intitulé " Traitements de substitution dans les prisons européennes ". Ce rapport analyse les réglementations et pratiques en cours dans 18 pays européens et souligne les obstacles à la mise en place de traitements de substitution en prison et les difficultés rencontrées par les détenus pour en bénéficier. Dans l'ensemble, l'accès à ces traitements ainsi que la gestion et l'évaluation dont ils sont l'objet sont bien moins développés qu'au sein des services accessibles à la population générale. Des entretiens auprès du personnel pénitentiaire et médical ainsi qu'auprès de groupes de détenus ont eu lieu dans deux prisons par pays. Les objectifs de ce rapport sont notamment de favoriser l'échange d'informations entre les équipes médicales et les travailleurs sociaux en prison afin d'identifier les bonnes pratiques en matière de traitements de substitution. Il est ainsi recommandé que les femmes détenues toxicomanes aient accès à des traitements en rapport avec la gravité de leur addiction (les femmes représentent généralement moins de 5% de la population carcérale et les détenues toxicomanes sont généralement plus gravement atteintes que les hommes). Par ailleurs, d'après le rapport, les détenus bénéficiant de ces programmes sont moins susceptibles de récidiver. Quarante ans après leur apparition, les traitements de substitution pour les usagers d'opiacés tentent à se développer en Europe, selon ce rapport ; seules la Grèce et la Suède ne les proposent pas en prison. En partie financé par l'Union européenne, ce rapport a concerné les 15 anciens pays membres et trois nouveaux pays adhérents : la Pologne, la Slovénie et la République tchèque.
La version PDF en anglais est disponible à l'adresse suivante :
www.endipp.net sous "publications" et "research reports".
Pour plus d'informations :
vbullock@cranstoun.org.uk
EUROPE
A l'occasion de la Conférence ad hoc des directeurs d' administration pénitentiaire organisée conjointement par le Conseil de l'Europe et le Ministère de la Justice italien à Rome en novembre dernier, le Comité Européen pour les Enfants de Parents Détenus (EUROCHIPS) a fait un certain nombre de recommandations dans le cadre de la révision des Règles pénitentiaires européennes. Présentées à Rome par l'association Bambinisenzasbarre, membre d'Eurochips, ces recommandations, qui soulignent l'importance du maintien du lien enfant-parent, sont les suivantes :
- Il conviendrait de tenir compte du lieu de résidence des enfants et de la famille dans le choix de l'établissement pénitentiaire où est affecté le prévenu et/ou le condamné, y compris lors des transfèrements.
- Le remboursements des frais de trajets pour les enfants et leur accompagnant devraient être pris en charge par l'administration compétente, en ce qui concerne les familles les plus démunies.
- Des locaux spécifiques devraient être aménagés pour l'accueil de l'enfant en détention, avec un espace nursery accessibles aux deux parents.
- Les visites d'enfants au parent incarcéré devraient avoir lieu au moins deux fois par semaine et des visites familiales d'une demie journée ou plus, en présence des deux parents, devraient être prévues.
- Envisager des peines réduites ou bien l'incarcération à domicile pour le parent d'enfants en bas âge dans le cas où l'éloignement forcé risque de provoquer chez l'enfant des traumatismes graves et irréversibles et lorsqu'aucun membre de la famille ne peut prendre en charge l'enfant.
Andrew Coyle, directeur de l'International Centre for Prison Studies à Londres, et l'un des trois experts scientifiques auprès du Conseil de Coopération Pénologique (PC-CP) chargé de la révision des Règles, a accepté de prendre en compte ces recommandations. Le texte définitif doit être finalisé fin 2005 et sera soumis au Comité des ministres du Conseil de l'Europe pour adoption début 2006.
Les Règles pénitentiaires européennes n'ont pas de caractère contraignant pour les Etats membres, cependant, en avril 2004, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a recommandé au Comité des Ministres d'élaborer, en liaison avec l'Union européenne, une Charte pénitentiaire européenne qui ferait le rappel, d'une manière claire et compréhensible, des droits et obligations des détenus.
Les deux autres thèmes principaux abordés par la conférence étaient les sanctions et mesures alternatives et les peines de longue durée.
Pour plus d'informations :
http://assembly.coe.int/Documents/WorkingDocs/Doc04/EDOC10332.htm
SUÈDE
L'administration pénitentiaire suédoise et le service de probation ont publié une série de directives en septembre dernier, suite à un rapport publié au printemps par le Défenseur des enfants. Ce rapport intitulé " Ne punissez pas les enfants " fait état de la situation très insatisfaisante des enfants ayant un parent incarcéré en Suède et suggère les améliorations suivantes :
- Le personnel pénitentiaire doit demander aux détenus s'ils ont des enfants et, le cas échéant, en tenir compte dans le c