 |
 |
    
Qui sommes-nous?
Le Comité Européen pour les Enfants de Parents Détenus
( EUROCHIPS ) est une association à vocation européenne créée
en 2000, à l'initiative de la Fédération des Relais Enfants-Parents
en France et de la Fondation Bernard
van Leer aux Pays-Bas, pour agir en faveur des enfants séparés
d'un parent incarcéré. On estime que chaque année, près de 500 000*
enfants sont concernés au sein de l'Union européenne, avec parfois
deux parents en prison. Pourtant, l'impact psychologique et social
que peut avoir sur le développement de l'enfant l'emprisonnement d'un
parent est encore trop peu pris en compte. La séparation l'affecte
parfois à un très jeune âge, particulièrement dans les pays ou les
régions qui ont tendance à ne pas laisser les nourrissons auprès de
leur mère incarcérée au-delà d'un an, tels que la Suède, le Danemark
ou l'Ecosse. Les obstacles au maintien du lien peuvent être également
de nature géographique, financière ou même psychologique. En Grèce,
par exemple, une étude de l'université de Salonique (1998), a révélé
que la stigmatisation des mères incarcérées était telle, qu'un grand
nombre de détenues à Athènes préférait dissimuler le fait qu'elles
avaient des enfants, certaines allant même jusqu'à déchirer leurs
photos.
EUROCHIPS s'est constitué progressivement à travers une série d'ateliers
de travail à Bruxelles, Marseille, Barcelone, Heerhugowaard (Pays-Bas)
et Rome, des missions d'observation (Londres) et des conférences (Paris,
Bruxelles). Un rapport sur la situation des enfants de parents détenus
dans 8 pays de l'Union a été présenté en 1997 à la conférence de Bruxelles.
L'association est basée à Montrouge, dans la banlieue parisienne,
et est gérée par deux coordinatrices de programme.
EUROCHIPS a le statut d'association française, loi 1901, et est actuellement
financée par la Fondation Bernard van Leer.
* Ce chiffre a été extrapolé à partir
de diverses données démographiques car il n'existe pas
de statistiques précises.
Haut
de page
Que faisons-nous?
EUROCHIPS se donne pour objectif d'élaborer un réseau de professionnels
du milieu pénitentiaire et de l'enfance afin de développer les actions
déjà entreprises et encourager les nouvelles initiatives concernant
l'enfant de parent détenu.
L'activité d'EUROCHIPS consiste à :
- Agir en tant que porte-parole de l'enfant de parent détenu.
- Sensibiliser le public, les juges, les magistrats, les professionnels
de l'enfance et les administrations compétentes.
- Etablir un guide des pratiques existante dans divers pays de
l'Union européenne.
Créer un centre d'information et de recherche visant à :
- Fournir des statistiques plus précises sur le nombre d'enfants concernés.
- Evaluer l'impact de l'incarcération d'un parent sur le développement
et la socialisation de l'enfant.
- Déterminer l'impact de la détention sur le placement de
l'enfant : les services sociaux de l'UE ont à leur charge près de
500 000 mineurs, combien parmi eux ont un parent en prison ?
- Etudier la corrélation entre fragilisation des liens familiaux et
récidivisme.
Encourager les Etats et les instances européennes compétentes à
prendre en compte les recommandations suivantes :
Amélioration de l'accueil à l'intérieur des prisons :
- Aménager dans tous les lieux de détention des salles adaptées à l'enfant.
- En l'absence d'un membre de la famille, veiller à ce que l'accompagnement
de l'enfant pour les visites soit assuré par des personnes compétentes,
professionnelles ou bénévoles.
Promotion de la communication entre l'enfant et son parent :
- Tenir compte de circonstances aggravantes telles que les difficultés
économiques, les ruptures et mésententes familiales ou l'incarcération
des deux parents.
- Faciliter les communications téléphoniques ou tous autres moyens de
communication capables de pallier l'empêchement physique de voir son
enfant, notamment pour les parents étrangers extracommunautaires.
Donner aux parents les moyens d'exercer leur autorité et leur responsabilité
:
- Tenir compte de la responsabilité parentale du détenu dès son arrestation
et à chaque étape de la procédure pénale.
- User toutes les fois qu'il est possible et compatible avec la peine
infligée, des sanctions et mesures appliquées à l'extérieur de la
prison afin de maintenir les liens familiaux.
Améliorer la compétence des professionnels :
- Encourager l'intégration, dans la formation initiale et continue du
personnel pénitentiaire, des problèmes relatifs à l'enfance.
- Promouvoir une nécessaire coordination des services pénitentiaires
et des institutions d'action sociale et familiale.
Minimiser les effets de la rupture du lien sur l'enfant :
- Favoriser le maintien de l'enfant dans son milieu de vie.
- Promouvoir des programmes visant à aménager et à préparer les épisodes
de séparations et de retrouvailles.
Haut
de page
Quel genre d'initiatives encourageons-nous?
EUROCHIPS ne finance pas directement les actions de terrain, mais
apporte son soutien ponctuel à des travaux de recherche, des ateliers
et des séminaires tout en promouvant les initiatives concernant directement
les enfants de parents incarcérés. Qu'arrive-il aux jeunes enfants
quand un parent est arrêté, par exemple ? Ils assistent souvent à
l'arrestation et pourtant, la police est rarement formée quant aux
décisions à prendre vis-à-vis d'eux. Les solutions sont donc fréquemment
improvisées. A Amsterdam, un projet pilote de numéro vert fonctionnant
24h/24 permet à la police et aux parents de contacter une brigade
spéciale - elle-même en relation avec les services sociaux compétents
- qui prend en charge l'enfant avant de trouver une solution plus
durable. En France, le Relais Enfants-Parents a créé, entre autres,
des espaces de rencontre au sein de plusieurs prisons. Aux Pays-Bas,
les mères peuvent passer un certain nombre de week-ends avec leur(s)
enfant(s) (jusqu'à l'âge de 14 ans) dans un des lieux de détention
semi-ouverts. A la prison de Holloway, en Angleterre, les mères incarcérées
ont accès à une piscine, ce qui facilite la communication non-verbale
et soulage le stress de l'enfant. Grâce au Relais-Bambini Senza Sbarre,
les mères détenues à la prison San Vittore de Milan peuvent participer
à des ateliers d'artisanat où elles fabriquent des objets pour leurs
enfants. Cette activité leur permet de discuter du déroulement des
visites et renforce leur identité de mère.
Nous citons ici quelques exemples d'initiatives qu'EUROCHIPS veut
promouvoir tant sur le plan européen, que national ou régional. En
faisant collaborer des personnes et des organisations dont les opinions
et les expériences divergent parfois, nous encourageons les recherches
interdisciplinaires et les analyses comparatives. EUROCHIPS participera
ainsi en 2004 à une conférence européenne sur la situation des enfants
de parents incarcérés à Strasbourg, à l'initiative de la Fédération
des Relais Enfants-Parents.
Le message d'EUROCHIPS est clair, l'enfant est au cœur de son action.
Il a droit à la vérité concernant l'incarcération de son ou ses parents
et doit pouvoir avant tout maintenir un lien avec eux comme le stipule
la Convention des droits de l'enfant des Nations Unies de 1989 et
la Charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne, proclamée
le 7 décembre 2000.
Haut
de page
|  |
|